Les arts plastiques modernes dans la tendance arabo-africaine des arts maghrébins
3ème partie
La peinture de chevalet face à son destin maghrébin et à son évaluation
On voulait être dans le sillage de nos illustres pionniers Mohamed Racim et Azouaou Mammeri, qui ont consommé cette «greffe» de façon heureuse, et démontré par leur travail son caractère culturellement positif malgré tout, par ses apports d’une nouvelle vision de l’art et d’une initiation à de nouvelles techniques. Le premier s’était inscrit au cabinet du dessin d’Alger en 1910, et quoique par vocation, il fût enlumineur, il apprit la miniature avec l’aide d’Etienne Dinet. Quant au deuxième, fraîchement sorti de la première «promotion d’Algériens dite «Indigène» des Beaux Arts d’Alger, se fit connaître en 1916 et affûta sa technique avec Léon Carré. Mais tous deux adaptèrent cette pratique artistique venue d’ailleurs à leur inspiration restée authentiquement maghrébine.
Les relents d’une culture ancestrale, restés vivaces dans leur sensibilité et leur esprit apparaissent dans leurs œuvres et confortent le spectateur, découvrant ce qui lui appartient. Henri Matisse n’a-t-il pas dit que «le rôle de l’artiste est uniquement de saisir des vérités courantes», mais qui dit vérités, dit repères aussi, sociaux ou culturels, matériels ou immatériels. Ses repères par lesquels nous nous définissons face aux autres, et grâce auxquels nous traiterons avec sérénité, toutes difformités occasionnelles surgies au gré des influences mal digérées.
Les résultats mitigés obtenus ne s’expliquent pas uniquement par les conflits d’intérêt qui ont déchiré nos aînés, et qui ont provoqué l’indifférence du grand public, et la dissolution de l’émergence véritable d’une des tendances en lice sur le palier culturel. Il y a aussi un autre facteur, d’ordre structurel celui-ci.
L’histoire récente nous a démontré que des apports d’ordre spirituel provenant de concepts religieux étrangers à notre société, ont généré une déstabilisation régressante. Aussi, quand des apports nouveaux sont d’ordre culturel, il est naturel que l’ordre socioculturel résiste. Parce que toutes les sociétés sont viscéralement attachées aux trois dimensions qui définissent leurs attributs: le social, le spirituel, et le culturel, et qui émanent de leur histoire séculaire voire millénaire. De cette relation tri-vectorielle naît l’équilibre des sociétés, mais seulement quand leurs membres s’en approprient les «contingences incrustées sur leur mode de vie, s’en accommodent, et adoptent des réflexes aux connotations grégaires».
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Sid Ahmed Hamdad
Universitaire, artiste-peintre
A suivre…
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com