L'ordre des architectes revendique plus de considération aux compétences nationales dans le domaine de l'architecture. Lors de la cérémonie de prestation de serment, organisée au profit des architectes nouvellement promus, la présidente du conseil a saisi cette opportunité pour soulever le problème de l'exercice de la profession d'architecte et l'inexistence des conventions de réciprocités protégeant les droits des architectes algériens. Elle estime que l'appel aux compétences étrangères est un besoin pour l'Algérie mais il est nécessaire de mettre en place des dispositifs appropriés pour assurer le transfert du savoir-faire et créer des formes d'associations entre bureaux d'études nationaux et étrangers. Ces derniers, assure-t-elle, détiennent « des compétences en matière de maîtrise et de gestion des projets et tout particulièrement les projets complexes ». « Malheureusement dans notre pays et en l'absence de ce type de mécanisme, l'appel à ces compétences se fait d'une manière anarchique, souvent en violation des lois et règlements en vigueur dans le pays. Cet état de fait constitue une atteinte à notre dignité ». Faisant une comparaison entre l'exercice de la profession d'architecte en Algérie et au niveau international, la présidente indique que « nous savons que l'exercice de cette noble profession est codifié au niveau international. Elle est régie par des conventions de réciprocité entre Etats souverains. Cependant, ajoute la même responsable, « les professionnels algériens ne peuvent en aucun cas exercer cette profession dans un pays tiers même dans les pays maghrébins ». Ce n'est pas le cas pour les professionnels des autres pays étrangers qui, eux, « disposent d'une priorité et d'une possibilité de négocier leurs honoraires alors que celles des autochtones continuent à être régies par les dispositions de l'arrêté interministériel de 1988 », relève la même intervenante. Vu cette situation, « qui s'apparente à un nouveau code de l'indigénat », selon le Conseil de l'ordre des architectes, des mesures strictes ont été prises pour apporter les correctifs nécessaires notamment en matière de délivrance des autorisations d'exercice de la profession ». A ce titre, le conseil de l'ordre informe que son organisme « demeure le seul habilité à délivrer les agréments indispensables pour l'exercice de la profession ». Abordant la situation du cadre bâti dans notre pays, la présidente du conseil a tracé un sombre tableau sur l'anarchie qui caractérise le cadre de vie du citoyen. « Cette situation dramatique exige la mobilisation de toutes les composantes de la société et tout particulièrement celle de la société civile pour la mise en place de mécanismes pertinents et adaptés nécessaires à la correction des tendances actuelles ». Pour ce faire, le Conseil national vient d'engager une large réflexion autour de l'identification des meilleures voies et moyens pour mettre fin à l'état de délabrement du cadre bâti.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : B Mokhtaria
Source : www.lequotidien-oran.com