Alger - A la une

Les appréhensions des consommateurs



Bien avant la date du 31 décembre 2017, les prix de tous les produits et de main-d'?uvre vont flamber. Partout, dans toutes les régions du pays, rien n'échappera aux commerçants et autres prestataires de service en termes de majoration des prix des produits. Les informations sur cet aspect de la vie des Algériens sont suivies au jour le jour. C'est que cette majoration caractérise déjà le quotidien de la population.Elles concernent l'ensemble des produits, prestations de service des différents secteurs d'activités économiques étatiques ou privés. Bien qu'elles ne soient pas encore appliquées, les augmentations des prix sont déjà là. Les plus en vue concernent l'électricité, le gaz et l'eau. Pour cette dernière, en visite de travail à Bouira il y a quelques semaines, le ministre des Ressources en eau Hocine Necib avait clairement affirmé : «Une hausse du prix du mètre cube de l'eau n'est pas à exclure dans les mois à venir. Le citoyen doit savoir que ce prix est subventionné par l'Etat pour qu'il soit cédé au citoyen à un prix symbolique de 20 dinars actuellement. Le coût réel du mètre cube d'eau potable évalué par l'Algérienne des Eaux (ADE) est de 60 dinars». Comme si la baisse de la valeur du DA et les autres augmentations sur les produits de première nécessité ne suffisaient pas, voilà que ce membre du gouvernement parle d'augmenter un produit stratégique comme l'eau potable alors que les salaires sont gelés. Ce n'est pas seulement à ce niveau que la majoration des prix se fera sentir. Elle le sera également dans les produits de première nécessité et ceux incontournables dans le quotidien des ménages. C'est le cas des fruits et légumes, viandes blanches et rouges, produits laitiers, équipements, main-d'?uvre... D'où cette question que tout un chacun se pose quant à l'opportunité des différentes et nombreuses manifestations socio-économique nationales, régionales et internationales que l'Algérie annonce vouloir organiser en 2018. A l'image du forum économique afro-arabe que le président de la Chambre Algérienne du Commerce et d'Industrie (CACI), Mohamed Laid Benamor prévoit organiser à Alger en 2018 sous le thème : « exposer les diverses et grandes opportunités d'investissement disponibles en Algérie». L'initiateur du projet, le président de la CACI a précisé que cette manifestation accueillera des hommes d'affaires arabes et africains ainsi que les professionnels de l'économie et du commerce. Ils prendront connaissance des diverses et grandes opportunités d'investissement qu'offre le marché algérien. De quel impact pourrait bien être ce forum sur le citoyen algérien lambda à l'heure où la majorité des produits et prestations de service connaîtront en Algérie une majoration de l'ordre de 30%' Et même si le marché algérien est qualifié par M. Benamor de «fertile et porteur», cette majoration globale des prix à la consommation dans un sens comme dans l'autre en Algérie, ne se transformerait-elle pas en frein à tout développement économique' En même temps que la mise en application de l'austérité, beaucoup de décisions se prennent dans le sens des augmentations anarchiques sur les produits alimentaires et autres consommables. Elles tombent sur les populations avec la violence d'un orage tropical. Les responsables au niveau gouvernemental les appliquent sans préparation, sans discussion, sans explication. C'est à prendre ou à laisser. Comme si le citoyen devait acquiescer à tout et dire «amen» pour tout. Pour l'heure, le temps est au top chrono qui s'achèvera avec la mise en route de la planche à billets et de majoration des prix sauf celle des salaires appelés à stagner. Les complaintes se font déjà entendre du côté des mères et pères de famille. Au niveau gouvernemental, on reconnait implicitement que des abus, excès et autres dépassements ont été commis dans les dépenses de l'Etat. Le problème est que ces dépassements se poursuivent avec les mêmes acteurs. D'où la suspicion qui souffle sur le pays. L'idée générale qui revient dans toutes les discussions est contenue dans ce passage d'une déclaration d'un enseignant universitaire : «Tout se passe comme si on cherche à cacher quelque chose aux citoyens. Comme si on veut les infantiliser pour les déclarer inaptes à prendre part à un débat dans lequel ils ont pourtant leur mot à dire.» Un autre abordera la question de l'immunité sans borne dont jouit une minorité et la précarité sociale qui fragilise le présent et laisse en pointillés l'avenir de la majorité.
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