
Les présidents d'APC évitent de rencontrer les administrés.La plupart des APC n'organisent plus de covilles. Cette situation qui arrange les présidents d'APC s'avère non seulement irrégulière, mais pénalise également les administrés. Le coville est une tribune ouverte aux citoyens qui leur permet d'exposer leurs problèmes et préoccupations. En plus des responsables locaux qui doivent impérativement assister à ces réunions, la présence des représentants des différents EPIC est aussi obligatoire.Les doléances des citoyens sont prises en charge séance tenante. Le fait de ne plus organiser ce genre de rencontres est une manière, pour les élus locaux, d'éviter la confrontation avec les citoyens et de se dérober face à leurs responsabilités. «Nous attendions l'organisation du coville chaque mois. On avait la possibilité d'exposer nos problèmes directement aux responsables locaux. Maintenant qu'on n'organise plus ce genre de rencontres, on n'a plus l'opportunité de faire entendre notre voix», déplore un habitant de la commune d'Alger-Centre.«Pour faire part de nos doléances et parvenir jusqu'au président de l'APC, il faut s'inscrire sur une liste d'attente. On avait également la possibilité de rencontrer les représentants des Epic de wilaya. Ces derniers étaient confrontés directement à la réalité, ils pouvaient prendre en charge nos problèmes immédiatement», poursuit-il. D'après M. Bettache, P/APC d'Alger-Centre : «Je préfère me rendre directement dans les quartiers accompagné des directeurs et responsables de l'APC.Je m'entretiens sur place avec les représentants des comités de quartier et les citoyens». Si l'APC d'Alger-Centre a trouvé une méthode de substitution pour associer les administrés à la gestion des affaires de la municipalité, certaines APC de la capitale sont devenues hermétiques.«Les covilles que nous organisions étaient une source de problèmes. Des citoyens peu scrupuleux profitent de l'occasion pour semer le désordre et l'anarchie», confie un responsable local sous couvert de l'anonymat.Selon un ex-élu de l'APC de Belouizdad, «les covilles étaient une occasion pour les élus qui étaient en conflit avec le maire de semer le désordre. Il est arrivé que des élus aient recours au payement de voyous pour chahuter les débats et créer ainsi une atmosphère d'anarchie et de désordre», soutient-il. En tout état de cause, il convient de rappeler que cette disposition a été mise en ?uvre pour encourager les débats et le dialogue au sein des APC et faire participer les citoyens dans la gestion des affaires de la municipalité.«En période de campagne électorale, les candidats promettent tous d'être à l'écoute des citoyens. Mais dès qu'ils sont élus, ils se cloîtrent dans leur bureau», déplore un citoyen. «Il faut que les pouvoirs publics contraignent les responsables locaux au niveau des APC à organiser des rencontres périodiques avec les administrés. La participation des citoyens dans la gestion des affaires qui les concernent est une démarche progressiste», conclut-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saci Kheireddine
Source : www.elwatan.com