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Les annonces se multiplient pour le secteur du médicament en Algérie



Les annonces se multiplient pour le secteur du médicament en Algérie
Les multinationales et les importateurs continuent de dicter leurs lois sur le marché algérien (DR)L'Algérie veut produire, à long terme, 70% de sa consommation en médicaments. Elle veut, à cet effet, attirer les partenaires étrangers tout en encourageant les producteurs locaux. La démarché a provoqué la multiplication d'annonces concernant des projets ambitieux, mais cela n'a pas encore eu d'effet sur la facture des importations, qui continue de grimper.
Selon M. Hamoud Hafidh, directeur de la pharmacie et des équipements médicaux, la facture des importations a encore augmenté de 17% en 2012 par rapport à 2011, alors que la production n'avançait que de 10%. L'Algérie a importé pour 1.6 milliards de dollars de médicaments en 2012, un chiffre qui reste toutefois approximatif, les douanes algériennes avançant des montants plus élevés.
Cette forte poussée a permis de limiter les pénuries qui affectent traditionnellement certains produits. Mais le coût en reste très élevé. La pharmacie centrale a ainsi reçu une dotation budgétaire de 70 milliards de dinars en 2013 (près d'un milliards de dollars), contre 54 milliards en 2012. La moitié de cette dotation a été débloquée selon une procédure particulière, pour permettre de lancer les opérations d'importations nécessaires afin d'éviter les pénuries, abondamment critiquées par la presse.
Transformations au sein de la société
La forte poussée de la consommation est aussi le résultat d'une mutation démographique importante de la société algérienne. L'espérance de vie a augmenté avec le niveau de vie, les maladies « primaires » ont tendance à disparaitre, pour laisser la place à des maladies plus complexes, dont le traitement est plus lourd et plus couteux, selon un professeur à la faculté de médecine d'Alger. Diabète, maladies cardio-vasculaires, cancer, notamment, révèlent une profonde transformation de la société, alors que les structures en place ne sont pas adaptées.
Les importations vont plus vite que la production
Avec cette évolution, une course est engagée entre la production et la consommation de médicaments. Pour l'heure, c'est la consommation qui domine, poussant la facture des importations toujours plus haut. Les importations représentent, en valeur, 68% de la consommation, faisant du marché algérien l'un des tout premiers en Afrique, avec celui de l'Egypte, du Nigéria et de l'Afrique du Sud. Ce qui attire les grandes compagnies pharmaceutiques, soucieuses de se placer aux côtés des producteurs locaux, aux moyens modestes.
32 projets nouveaux
M. Hamoud Hafidh a indiqué dimanche, au cours d'une émission de radio, que 32 projets pour produire des médicaments ont été enregistrés depuis le début de l'année. Ils viendraient s'ajouter aux 65 unités en cours de production, pour arriver à long terme, à produire localement 70% de la consommation.
Le ministère algérien de la santé n'hésite cependant pas à jouer sur les effets d'annonce, pour calmer les critiques récurrentes de la presse et des consommateurs, soit à propos des pénuries de médicaments, soit à propos de produits importés alors qu'ils sont produits localement. Actuellement, 251 médicaments sont interdits à l'importation, pour protéger les producteurs locaux, et le gouvernement est disposé à élargir la liste si des producteurs locaux apportent la preuve qu'ils peuvent satisfaire les besoins du marché.
Les ambitions des multinationales
Surfant sur cette vague, deux grands groupes pharmaceutiques internationaux ont annoncé leurs ambitions pour l'Algérie. Le groupe Sanofi-Aventis a annoncé jeudi dernier le début des travaux de construction de son nouveau site industriel de Sidi Abdallah, à l'ouest d'Alger. Deux ministres algériens, Amara Benyounès, Ministre du Développement industriel et de la promotion de l'investissement, et Abdelmalek Boudiaf, ministre de la Santé, ont assisté à la cérémonie organisée pour l'occasion, aux côtés de Christopher Viehbacher, Directeur Général de Sanofi. L'investissement de Sanofi devrait représenter 70 millions d'euros. Il ferait de l'usine de Sidi Abdellah, le plus important site industriel de Sanofi en Afrique. Il devrait produite 80% de ce que distribue Sanofi en Algérie.
De son côté, le laboratoire japonais Takeda a annoncé l'ouverture d'un bureau de liaison à Alger. Le groupe affiche son intention de s'étendre au Maghreb, à partir de son principal marché régional des produits pharmaceutiques. Takeda est le plus grand laboratoire japonais, et le 12ème dans le monde. Il est présent dans 70 pays. Les dirigeants de Takeda se sont dits « prêts à investir dans la production en Algérie, un discours très bien accueilli par les autorités.
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