Alger - A la une

Les ambitions de la France, les exigences de l'Algérie 2e forum de partenariat algéro-français



Les ambitions de la France, les exigences de l'Algérie 2e forum de partenariat algéro-français
Un mémorandum a été signé, hier à Alger, pour la création d'un comité mixte économique franco-algérien (Comefa), qui sera chargé du suivi des projets de partenariat entre l'Algérie et la France. « Le rôle de ce comité consiste en la définition de la stratégie de partenariat et en l'esquisse d'une plateforme des technologies à mettre en place. Mais il doit aussi accompagner les entreprises pour éviter les contentieux et faire un travail d'évaluation des partenariats », indique, hier à Alger, Cherif Rahmani, ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion de l'investissement, à l'occasion du 2e forum algéro-français. Un forum qui s'inscrit dans le cadre des accords signés, en décembre dernier, entre les présidents Abdelaziz Bouteflika et François Hollande. A propos des « contentieux » entre les deux pays, la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a assuré que les deux parties ont réussi à les dépasser pour aboutir à un partenariat gagnant-gagnant. « Pour nous, l'Algérie n'est pas un marché mais un partenaire. Il est vrai, qu'à un moment donné, nos projets communs ont connu une période de troubles. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Des contentieux, il y en a eu et il y en aura certainement. C'est le lot des affaires. Mais le plus important, c'est d'arriver à des compromis en levant, progressivement, les blocages administratifs », dit-elle en signalant que la France compte demeurer le premier partenaire de l'Algérie sur le continent noir, en touchant le plus de secteurs possible. Une cinquantaine d'entreprises françaises, fait-elle savoir, sont sélectionnées pour la réalisation de projets touchant cinq secteurs industriels, la pharmaceutique et l'automobile notamment. « La partie française ambitionne d'étendre le concept de partenariat vers d'autres secteurs, du bâtiment et de la construction notamment. Des concurrents nous ont précédés dans ce domaine et nous comptons nous y investir à notre tour. D'ailleurs, quatre de nos entreprises sont déjà présélectionnées dans le cadre des appels d'offres lancés par l'Algérie dans le secteur de l'habitat, dont une est en cours de constituer une société conjointe avec une entreprise locale », se réjouit-elle, en rappelant que les échanges commerciaux entre l'Algérie et la France ont atteint 10 milliards d'euros en 2012.
Un nouveau code pour les investissements
Elle rappelle également que la France est le premier investisseur en Algérie, générant 40.000 emplois directs. Un volume d'investissement que le ministre de l'Industrie juge, cependant, modeste par rapport aux opportunités. D'autant plus, soutient-il, que 52% de nos entreprises sont pour le partenariat et le transfert technologique. « L'entreprise française est donc appelée à oser, à prendre des risques et à gagner. Que le moteur français se remette en marche. Car cela va dans notre intérêt aussi », souligne-t-il, en estimant que l'Algérie souffre d'un déficit conceptuel, d'idées et d'imagination de projets. « Nous avons besoin donc d'une vision qui devra être construite conjointement avec nos partenaires. Pour notre part, nous envisageons un nouveau code des investissements qui sera soumis au gouvernement dans les prochains jours. Via ce code, nous favoriserons les investissements à long terme afin de garantir un certain degré de visibilité, institutionnelle notamment », conclut-il. Réda Hamiani, président du Forum des chefs d'entreprise (FCE), qualifie également les investissements français de « modestes » et ce, bien que le nombre des entreprises productives françaises aient atteint 400 en 2012 contre 200 en 2003. « Mais nous devons reconnaître que le manque de diversification économique nous incombe. Nos exportations vers la France ne dépassent pas 6 milliards de dollars en 2012 dont 90% sont des hydrocarbures », dit-il. Il a rappelé que les exportations hors hydrocarbures vers la France ont même régressé passant de 155 millions de dollars en 2003 à 117 millions de dollars en 2012. « Nous avons besoin donc de partenariats pour renforcer notre production et en matière d'investissements, la France a plusieurs longueurs d'avance par rapport à ses concurrents », constate-t-il. Chose à laquelle appelle également la ministre française du Commerce extérieur en sommant les entreprises françaises à considérer l'Algérie comme leur destination première. « L'Algérie est une terre de projets et nous comptons bâtir ces projets », affirme-t-elle.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)