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Les ambiguïtés d'Ahmed Ouyahia



Pour d'aucuns, c'est la sortie d'Ahmed Ouyahia, le 16 avril dernier, qui a inspiré la montée au front de Hamid Grine qui a déposé plainte pour annuler la cession d'actifs du Groupe El Khabar.Le fraîchement plébiscité secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, par ailleurs ministre d'Etat, directeur de cabinet de la présidence de la République, s'est exprimé, hier, en conférence de presse, sur l'affaire El Khabar. Manquant de finesse, comme à son habitude, il a de plus pataugé dans le flou pour avoir voulu rester fidèle à son alerte contre les monopoles médiatiques du 16 avril dernier, tout en se gardant d'un soutien franc et assumé au ministre de la Communication Hamid Grine qui a saisi la justice pour annuler la transaction commerciale conclue entre le groupe de presse El Khabar et la société Ness-Prod, filiale de Cevital. Mais l'appui à la démarche de Grine est enveloppé dans un propos sibyllin. "Les empires médiatiques sont-ils souhaitables ailleurs de par le monde '", s'est-il interrogé, suggérant, bien évidemment, une réponse par la négative.C'est forcément peu pour le ministre de la Communication qui aurait certainement souhaité entendre mieux et plus de la part de celui qui, le premier, a appelé à saborder l'opération de cession de parts du Groupe El Khabar au profit de Ness-Prod. "Les lobbies des affaires veulent contrôler la scène politique notamment à travers le monopole des médias", avertissait-il le 16 avril dernier, lors d'un point de presse, en marge du congrès régional du parti à Zéralda, alors que la transaction commerciale aujourd'hui objet de plainte devant le tribunal administratif d'Alger venait d'avoir lieu. Pour d'aucuns, c'est cette sortie d'Ahmed Ouyahia qui a inspiré la montée au front de Hamid Grine qui a déposé plainte pour annuler la cession d'actifs du Groupe El Khabar. Une démarche très mal appuyée juridiquement, comme l'ont démontré les avis des nombreux juristes qui se sont exprimés sur l'affaire, parmi eux Me Farouk Ksentini, président de la CNCPPDH, qu'on ne peut accuser de sympathie avec l'opposition. Car, dans l'affaire en question, il n'y a, en vérité, ni empire et encore moins monopole médiatique, comme l'a suggéré encore, hier, Ahmed Ouyahia. Mais à supposer que des hommes d'affaires voudraient contrôler la scène politique à travers le monopole des médias ? ce qui est faux, pourquoi le directeur de cabinet de la présidence de la République a-t-il attendu la transaction entre le Groupe El Khabar et Ness-prod pour lancer son avertissement ' Pourquoi n'a-t-il pas eu le courage de la même dénonciation lorsqu'un homme d'affaires bien en vue a créé des journaux et des télévisions, dont l'une était justement dédiée à la campagne électorale au profit du candidat Bouteflika en 2014 ' Pourquoi n'a-t-il pas soulevé la problématique lorsqu'un de ses proches collaborateurs au sein du RND a monté un "empire" médiatique ' Pour Ahmed Ouyahia, il n'y a décidément de monopole et d'empire médiatiques que quand c'est le fait d'autres, pas quand il implique des proches et clientèles du régime.Mais Ouyahia reconnaît lui-même que sa position est floue. Il ne croit pas si bien dire. Car comment peut-il affirmer qu'"El Khabar est un grand journal et un acquis pour l'Algérie" et lui souhaiter longue vie, pendant que le pouvoir auquel il appartient a ordonné la mort de ce journal dès l'instant où il a décidé de le priver de la publicité institutionnelle. Une mort qu'il veut accélérer avec la plainte pour annulation de la transaction commerciale que le Groupe El Khabar a conclu avec Ness-prod.S. A. I.


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