Les consommateurs interrogés estiment que le prix du pain pratiqué avant cette augmentation était déjà en hausse par rapport au prix administré.La décision de revoir à la hausse le prix de la baguette de pain ne fait pas l'unanimité chez les boulangers et même chez les clients. À Alger, une virée dans certains quartiers de la capitale confirme cet état de fait. C'est la confusion totale. "On ne sait pas si cela est vrai ou non, mais ce qui est sûr c'est que ce matin, j'ai payé le même prix qu'avant", informe un jeune rencontré dans une boulangerie à Ben Aknoun.
Même son de cloche chez un autre client : "Pour le moment, rien n'a changé", a-t-il-dit, ajoutant que "le souci ne réside pas uniquement dans le prix de la baguette de pain, mais dans la qualité du produit". Une autre cliente, une vieille dame, pense que le prix du pain a été revu à la hausse depuis bien longtemps. "Cela fait des années que les gens achètent d'autres qualités de pain à un prix supérieur", a-t-elle dit, précisant que la qualité du pain dit "normal" est loin d'être aux normes.
Même topo à El-Biar.
Si la confusion règne aussi chez les boulangers et les citoyens, certains clients ne s'étonnent pas de voir le prix du pain augmenter. "Tout va augmenter et toutes ces informations sur des probables hausses ne sont qu'un ballon-sonde", estime Karim, la quarantaine, rencontré dans une boulangerie à El-Biar. "Ils peuvent même le vendre à 50 DA et personne ne réagira", a-t-il ajouté, précisant que ces augmentations "sont une suite logique de la révision des taxes et impôts dans les différentes lois de finances".
S'il reconnaît que dans son quartier l'idée n'a pas, encore, effleuré l'esprit des boulangers, il n'en demeure pas moins, pense-t-il, que "la hausse du prix du pain doit faire l'objet d'un débat". À la Place du 1er-Mai, dans la boulangerie la plus populaire du quartier, les dizaines de clients rencontrés n'ont pas eu vent de cette augmentation, à laquelle, faut-il le préciser, ils s'opposent fermement. "Je ne peux pas payer la baguette de pain à 15 DA", lance, tout de go, Amar, agent de sécurité dans une école primaire du quartier. "J'achète chaque matin une dizaine de baguettes et plusieurs sachets de lait pour assurer le petit-déjeuner de ma famille composée de 12 membres", raconte-t-il, précisant qu'avec son salaire : "Je ne peux pas faire face d'autant plus que mon frère, père de quatre enfants, est au chômage depuis plus d'un an." Merouane, jeune lycéen, pense que le prix actuel est à la portée de tous, et une quelconque augmentation "ne sera pas la bienvenue". "J'espère que ce ne seront pas ceux qui sont payés plus de dix fois le SNMG qui décideront de cette augmentation", enchaîne Rachid, enseignant et père de deux enfants, résidant à Kouba. "Ce n'est pas la seule augmentation, sauf qu'on s'attendait à une hausse dès janvier prochain." "Je ne comprends pas pourquoi on décide d'une augmentation dans quelques wilayas et non pas sur tout le territoire national '", s'est interrogé, pour sa part, Atmane, enseignant à la retraite.
M. Mouloudj
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Mouloudj
Source : www.liberte-algerie.com