Alger - Revue de Presse

Les Algériens votent aujourd'hui



Aujourd'hui, lesélecteurs algériens iront aux urnes pour élire leurs représentants àl'Assemblée.C'est aujourd'huique les électeurs choisiront par la voie des urnes les députés de la Nation ouprécisément ceux qui devront les représenter au sein de l'Assemblée. Tel que leleur confère la Constitution, les Algériens éliront aujourd'hui les «hommes»qui devront défendre leurs droits et leurs intérêts politiques, économiques etsociaux et autres si besoins se font sentir. En exerçant leur droit de vote,aujourd'hui, les Algériens participeront à la mise en place pour cinq années,de la quatrième législature pluraliste. Le pays a, eneffet, organisé quatre scrutins pluralistes pour installer un parlement où lepeuple devrait être représenté dans toutes ses différences de pensées etd'opinions et les tendances politiques qui l'animent. Ceci, si l'on compte aveccelui organisé en 1991 et dont le processus avait été interrompu au nom, de ceque les arcanes politiques ont appelé «la sauvegarde de la République.»L'histoire a retenu qu'à cette date, l'Algérie a commencé à s'essayer, pour lapremière fois, au pluralisme politique après de longues années d'une gouvernancede parti unique. En ces temps-là, le FLN se confondait totalement avec lepouvoir en place. C'était le temps où le pouvoir formait un bloc autour d'un«SMIG» d'intérêts. Le 5 Octobre 1988 était venu pour bouleverser l'ordre établiet pousser les décideurs à changer d'attitude. Ils se devaient de libérer lapensée et l'opinion pour les diversifier, garantir ainsi les libertésindividuelles et collectives en vue d'asseoir une pratique démocratiqueimpérative à l'instauration d'un Etat de droit. Peu importe ceux qui ontfomenté la révolte de l'époque. Elle aura, quand même, servi à libérer le paysdu joug de la pensée unique. Mais si 1991 aété l'année à partir de laquelle l'Algérie a adopté une politique d'ouverture,elle a aussi été le début d'une histoire sanglante dont le degré de férocitédétruira jusqu'aux repères de toute une Nation avec pour conséquence unefragilisation, en même temps du pouvoir et de la société dans son ensemble.Pour avoir eu les premiers échos de cette férocité, déjà en 1989, l'instinct devie ou de conservation étant le plus fort, le peuple s'est mis derrière l'arméequi constituait le pouvoir réel, donc la force la plus équipée pour ledéfendre. Après l'arrêt du processus électoral décidé au lendemain du premiertour des élections de 1991, le pouvoir verra ses castes atteintes de fissuressérieuses. Il se partagera dans la difficulté, en «janviéristes» et les autres,c'est-à-dire ceux qui ont décidé de cet arrêt et ceux qui ont été contre. En1997, fort de ce soutien «indéfectible» du peuple aux militaires, il organiserades élections législatives pour mettre en place une deuxième législaturepluraliste. L'effritement du «SMIG» d'intérêts qui consolidait ses rangs ayantdonc été inévitable par l'effet de la secousse provoquée par l'arrêt enquestion, il se devait juste avant cette élection, de reconstituer ses forces àtravers un nouvel instrument. Il recourra à tous les moyens pour faire émergeren tant que tel, un nouveau parti, le Rassemblement national démocratique(RND). Pure création des officines, le RND a été «enfanté» pour permettre auxdécideurs qui ont surgi au lendemain de 1991, de reconstituer les équilibrespolitiques et redéfinir l'exercice du pouvoir. La fraude massive qui avaitcaractérisé le scrutin à cette date fera du RND la première force politique dupays. La fraude decette époque n'est un secret pour personne puisqu'elle a été «authentifiée» parun rapport d'une commission d'enquête parlementaire, argumenté avec des faitstirés d'un vécu électoral malheureux pour le pays. Avec ce rapport en main,nous avions interrogé quelque temps plus tard à ce sujet, Ahmed Ouyahia quivenait de prendre les rênes du RND. «Demandez-vous plutôt pourquoi l'APN n'a àce jour, pas rendu public ce rapport sur la fraude dont vous parlez». Laréponse se passe de commentaire. Remodelés selonles exigences de la conjoncture de l'époque, les cercles décisionnels feront duRND leur instrument privilégié pour asseoir leur autorité et contrer les«forces» qui tenteraient de leur partager le pouvoir. La troisième expérienced'une législature pluraliste par la voie des urnes, aura lieu en 2002. Là, leRND est relégué au second plan pour céder la place à un FLN programmé pourrevenir aux commandes du pays. L'intronisation de Bouteflika comme président dela République a été une caution d'or pour un retour triomphant de l'ex-partiunique. Etant à ce moment-là «le préféré» du chef de l'Etat, Ali Benflis enprendra la tête et aura les coudées franches pour en redynamiser et typer les rangsconformément aux nouvelles donnes politiques. 2004 verra l'organisation del'élection présidentielle qui opposera Bouteflika à Benflis. Résultats descourses, le premier sera maintenu pour un deuxième mandat à la têted'El-Mouradia, tandis que le second perdra et le FLN et son poste de chef dugouvernement pour finir laminé par un mouvement enclenché sous le label «leredressement du parti». Menés par Belkhadem, les «redresseurs» étaient ainsinés pour remettre le FLN au service du pouvoir en place. Il est depuis, lapremière force politique du pays. Pour avoir réussi sa mission de casser lecourant Benflis, Belkhadem sera nommé secrétaire général et succédera à Ouyahiaà la tête de l'Exécutif.Fort de cenouveau statut, il a déclaré il y a quelques mois, qu'il a saisi le présidentde la République pour changer le gouvernement. A une question sur sanon-participation en tant que personne à ces élections législatives, il arépondu que «je laisse le soin au président de la République de décider de l'avenirdu pays». Il affirmera au même moment que Bouteflika a eu un droit de regardsur les listes FLN pour ces législatives. Des listes, faut-il le rappeler, quiont provoqué une sérieuse tempête au sein de son parti. C'est aussi lui quiavait défendu, bec et ongles, la révision de la Constitution pour affirmeraujourd'hui qu'elle n'aura probablement pas lieu cette année. Par cesdemandes-déclarations, Belkhadem donne l'impression d'être en total décalageavec la réalité actuelle du pays. «Depuis quand, chez nous, un chef dugouvernement saisit le Président par écrit pour lui demander de changer legouvernent»? nous avait dit un haut responsable à la présidence de laRépublique au sujet de la lettre que Belkhadem dit avoir adressée à Bouteflika.Ce jeudi, le jeus'annonce en principe serré entre le FLN et le RND. Parce qu'à ce jour, lesdécideurs ne savent pas encore autour duquel d'entre ces deux partis, ilsfaçonneront l'exercice de leur pouvoir. Comme il y a longtemps que leursintérêts ont divergé et qu'ils se retrouvent aujourd'hui otages du temps etd'événements dont ils ne maîtrisent pas la tournure, ils semblent éprouver degrandes difficultés pour se construire un nouveau SMIG. Ceci étant dit,les couleurs dominantes de la quatrième législature seront connues dès lafermeture des bureaux de vote. Beaucoup de partis sont en lice pour cesélections même s'ils se sont éclipsés de la scène nationale pendant longtemps.Ils savent que quel que soit leur positionnement sur l'échiquier politique, ilsn'ont aucun poids excepté celui d'assurer un semblant de crédibilité au scrutinet de garantir l'étiquette «pluraliste» à la future assemblée. Ceci est lagenèse d'un pluralisme avorté.Interrogéspourquoi vont-ils voter demain (NDRL aujourd'hui), nombreux sont les citoyens,plutôt de la classe moyenne, qui répondent : «nous avons peur que desinstitutions nous réclament notre carte d'électeur pour nous délivrer unquelconque papier». Les textes de la République consacrent le vote comme undroit et un devoir qui, s'ils ne sont pas exercés n'induisent aucune sanctionsous quelque forme qu'elle soit.
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