Hasard du calendrier, deux dates phares de l'histoire révolutionnaire du pays, le 5 Juillet et le 1er Novembre, sont tombées, cette année, un vendredi, coïncidant respectivement avec le 20e épisode et la 37e halte du mouvement populaire qui réclame, depuis le 22 février dernier, une rupture totale avec le système en place depuis le recouvrement de l'indépendance nationale.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Un heureux «coup de pouce du destin» que les Algériens et les Algériennes n'ont pas voulu rater pour tout l'or du monde pour consacrer la rupture avec l'ordre ancien et dont ils ont toujours rêvé. Plus que comme fut le cas à l'occasion du 57e anniversaire du recouvrement par le pays de son indépendance nationale, ils étaient, hier vendredi, à l'occasion du 65e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954, coïncidant avec le 37e acte du mouvement populaire, des millions d'Algériens et d'Algériennes, de tous les âges et de toutes les couches sociales et à travers l'ensemble des wilayas du pays, à être du rendez-vous pour, plus que célébrer cette date phare du combat libérateur du peuple algérien, mais pour, signifient-ils, se réapproprier l'histoire du pays et «parachever» une indépendance confisquée au lendemain de son recouvrement, en juillet 1962.
Du sud au nord, de l'est à l'ouest, c'étaient de véritables tsunamis populaires qui ont déferlé dans les rues du pays dans une communion, une solidarité, un pacifisme, une tolérance et une détermination qui ne manqueront certainement pas d'étonner encore un peu plus aux quatre coins du monde, et ce, en dépit d'un black-out médiatique presque systématique. Des facettes d'une révolution du sourire et tranquille qui commencent d'ores et déjà à inspirer bien d'universitaires de diverses spécialités qui s'y investissent à coups d'études et d'essais.
A Alger, le «c?ur battant» de cette révolution, comme ce fut le cas partout ailleurs, que ce soit à Oran, Constantine, Annaba, Sétif, Bordj-Bou-Arréridj, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdès, Blida, Mostaganem, Mascara, Chlef et autres, et comme attendu, ils étaient des centaines de milliers de citoyens, voire des millions, à être du «rendez-vous de l'histoire» comme ils ne cessaient de l'annoncer depuis des jours déjà. Et le ton a été donné, la veille, jeudi, déjà avec des milliers de citoyens, venus d'autres wilayas du pays en dépit de l'impressionnant dispositif sécuritaire déployé comme jamais auparavant, tout autour de la capitale depuis mardi dernier déjà, pour célébrer dans la soirée, au c?ur d'Alger, l'avènement du 1er Novembre.
Un vendredi, celui d?hier, qui fut, comme attendu, le plus impressionnant en termes de mobilisation populaire de cette révolution tranquille qui entame son 9e mois. Une véritable démonstration de force venue à point nommé pour «détruire» toutes les «analyses» donnant cette dynamique inédite pour «somnolente», voire «agonisante» et ainsi faire échec à ce que, plus d'un, qualifie de «contre-révolution» menée ces derniers temps pour faire avorter cette profonde et légitime aspiration du peuple algérien au changement radical. Il s'agissait également de faire échec au «déni» dont est frappée cette révolution tranquille
Hier vendredi, les Algériens étaient véritablement au «rendez-vous de l'histoire» qu'ils se sont «réappropriée» en «parachevant» une indépendance arrachée par leurs aïeux de haute lutte et à coups de feu et de sang. Image saisissante de cette volonté inébranlable de «réappropriation» d'une ?uvre inachevée ou faire retrouver au «fleuve détourné» son cours naturel, ces milliers de portraits de figures de la glorieuse guerre de Libération nationale, les défunts Abane Ramdane, Zighoud Youcef, Mustapha Ben boulaïd, Amirouche, Krim Belkacem, Hassiba Ben bouali, Ali la Pointe, Hocine Aït-Ahmed ou encore celui de Lakhdar Bouregaâ, fièrement portés par des milliers de manifestants comme pour signifier que le combat que mènent les seconds n'est que le parachèvement de celui entamé et mené, des années durant, par les premiers. Ou encore ce slogan entonné à gorges déployées, par ces millions de manifestants, les dernières marches, comme ce fut le cas hier : «Le peuple veut l'indépendance.»
Tout un programme !
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com