Alger - A la une

Les Algériens sont de gros mangeurs pendant le Ramadhan



Paradoxalement, c'est pendant le mois de jeûne que les Algériens mangent le plus«Le plus grand garant de la sécurité alimentaire reste le consommateur, en changeant son mode de consommation...»
«Situation du marché durant les 10 premiers jours du Ramadhan et sécurité sanitaire des aliments», tels étaient les sujets de la conférence de presse tenue hier à l'hotel Jardy à Alger. Zaki Hariz, président de la Fédération algérienne des consommateurs, Abidi Mohamed, vice-président, et Aidli Noredine, président d'une association de protection des consommateurs à Béjaïa et membre de la FAC nous ont éclairé, chiffres à l'appui.
Le mois sacré et ce, depuis très longtemps, apporte son lot de défis. Défis qui concernent surtout les prix des denrées alimentaires, alors que dans le temps les pénuries s'y exacerbaient et figuraient parmi les défis. De nos jours, «l'envolée des prix ne s'explique plus par ces pénuries, mais plutôt par le comportement des consommateurs, puisque le marché est bien approvisionné», nous apprennent les animateurs de la conférence de presse. Ils ont aussi déploré le retard enregistré par l'Algérie en termes de grande distribution, puisque la distribution et la logistique figurent parmi les causes de l'augmentation des prix. L'augmentation observée par leurs soins était de l'ordre de 10 à 15%.
Paradoxalement, c'est pendant le mois de jeûne que les Algériens mangent le plus! La consommation de fruits et légumes augmente de 170%, et celle des viandes de presque 400 dont malheureusement une partie est gaspillée. À l'image des boissons, dont la moitié finit invendue. 11 millions de litres sont produits quotidiennement, pour un besoin national de 5,5 millions de litres, selon les dires de la FAC. Tout le monde paie le prix de cette perte, car le sucre est importé et subventionné. En outre, 80 millions de DA de pain sont jetés quotidiennement, et ce chiffre est calculé sur la base du prix de vente, subventionné, des 10 millions de baguettes jetées tous les jours.
Les dépenses explosent aussi mécaniquement. En temps normal, une famille algérienne dépense 36 000 DA en moyenne. Cette somme passe à 75 000 DA durant le mois de Ramadhan. Les familles consomment 9kg de viandes blanches, et 4,5kg de viandes rouges. Des chiffres qui donnent le tournis, et qui expliquent en partie pourquoi 25% des Algériens souffrent de maladies chroniques, telles que l'hypertension et le diabète. La FAC s'est alors donné le défi d'améliorer la sécurité alimentaire!
Elle souhaiterait voir le plan élaboré avec l'OMS activé, puisqu'il n'est ni appliqué ni suivi. L'amélioration sanitaire passe par la traçabilité des produits alimentaires.
La FAC s'indigne de l'absence totale de traçabilité, notamment pour les viandes, et souhaite que la législation évolue dans ce sens. Elle voudrait que les produits soient traçables «de la fourche à la fourchette», pour que le consommateur soit capable de déterminer où se trouve le danger alimentaire. L'étiquetage aussi est un problème majeur, et la fédération voudrait voir tous les produits anonymes retirés du marché.
L'amélioration de la sécurité passe aussi par la formation professionnelle dans l'hygiène, la sécurité et l'environnement. Il n'est pas normal qu'un professionnel du secteur agroalimentaire ne soit pas formé, ne serait-ce que pour la chaîne de froid. Le plus grand garant de la sécurité alimentaire reste le consommateur, en changeant son mode de consommation, en faisant figure de force de proposition et en dénonçant les pratiques frauduleuses dont il est témoin.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)