De notre correspondant à Paris
Merzak Meneceur
Les dix-huit consulats généraux et consulats d'Algérie en France sont transformés depuis hier matin, 8 h, et le resteront jusqu'à jeudi soir 22h, en bureaux de vote pour les élections législatives nationales. Ils accueillent les citoyens émigrés désireux d'accomplir leur devoir électoral pour élire les députés qui les représenteront à l'APN pour la mandature 2012-2017.Les premiers éléments d'informations recueillis au cours de l'après-midi d'hier, indiquent un bon démarrage des opérations de vote dans plusieurs consulats, comme ceux de Paris, Bobigny, Nanterre ou de Lille qui ont connu une affluence importante. Le consulat de la ville du nord de la France (68 266 électeurs) a d'ailleurs pris une excellente initiative en ouvrant des bureaux de vote hors siège. La volonté de l'administration d'aller vers les électeurs permet aux Algériens d'Arras, Denain, Libercourt, Calais, Hénin-Beaumont et Wattrelos de voter sur place.A Paris, où les bureaux de vote sont ouverts dans les locaux de l'actuel et de l'ancien consulat, qui se trouve dans un arrondissement populaire, l'élection a commencé «sur les chapeaux de roues», selon les propres termes du Consul général, M. Rachid Ouali. «Il y a une forte participation avec des citoyens qui étaient dans les bureaux de vote très tôt, une heure avant leur ouverture», nous a encore déclaré le diplomate qui souligne que les «électeurs sont conscients de l'exercice de leurs droits et de leurs devoirs, ce qui est un bon signe pour l'avenir». «Nous sommes convaincus qu'un grand nombre de citoyens viendra voter. Ils savent l'importance de ce scrutin pour élire des députés qui prendront en charge leurs préoccupations et ils sont conscients qu'un des grands chantiers que les députés auront est l'élaboration d'une nouvelle Constitution. Une Constitution pour une nouvelle vision de l'Algérie», a encore déclaré à La Tribune le Consul général.Le même optimisme est partagé par le Consul de Nanterre, circonscription de 43 601 électeurs, M. Abdelkader Dehendi, qui nous a rapporté que : «Par rapport à 2007, c'est presque le double du nombre de personnes qui ont voté mardi matin. Ça se passe bien et nous sommes confiants.»Ceux qui se sont rendus aux urnes hier, une journée propice pour voter parce que fériée en France, elle remplace ainsi le dimanche, jour de l'élection présidentielle française, et ceux qui se rendront aujourd'hui et demain, éliront quatre députés. Deux pour la zone 1, ou Nord, qui regroupe les circonscriptions consulaires de Paris, Nanterre, Bobigny, Pontoise, Vitry-sur-Seine, Strasbourg, Lille et Metz, avec ses 489 545 électeurs inscrits. Deux pour la zone 2, ou Sud, comprenant les circonscriptions de Lyon, Marseille, Nice, Saint-Etienne, Grenoble, Nantes, Montpellier, Bordeaux, Besançon et Bordeaux, dont le nombre total d'électeurs est de 311 963. Pour les quatre sièges de députés on trouve en compétition 23 listes de partis politiques dans la zone 1, qui offre deux sièges.Les deux autres sièges, de la zone 2, se dégageront parmi les 17 listes de partis et 1 liste indépendante. Dans cette compétition électorale quelques partis ont, au départ, de l'avance sur les autres en raison de leur ancienneté et de leur enracinement. Ce sont le FLN, le RCD et le FFS. La logique voudrait que les élus se trouvent dans les listes de ces formations politiques, chaque liste comportant quatre noms avec une tête de liste. Mais la compétition demeure ouverte car dépendante du taux de participation, qui est généralement faible contrairement à l'élection présidentielle. Peut-être que cette élection fera exception, grâce au dynamisme de la campagne menée par les différents partis politiques. Cette campagne a été plutôt feutrée en raison, souvent, du retard mis pour l'établissement des listes, du fait qu'il est impossible de se rendre partout où résident des Algériens à travers la France, du manque de moyens des formations politiques, de l'absence de tout courrier postal de la part des partis, comme des consulats, pour chaque électeur, bien que certains ont pris sur eux l'initiative, louable, d'informer tout le monde. Mais, tout en lui accordant une certaine considération, l'information a été un sérieux handicap. Il est possible que l'apport des radios locales ait atténué quelque peu ce handicap. Faut-il ajouter aussi, comme élément de démobilisation, le fait qu'à chaque fois qu'un député est élu, il se détache de ses électeurs par une quasi-absence quinquennale, pour ne réapparaître que lors de nouvelles élections. Ce qui fait souvent dire aux électeurs que les candidats sont plus intéressés par le siège de député et ses avantages matériels que de s'enquérir de leur sort et de leur rendre compte périodiquement de leurs actions pendant la mandature.Comme la campagne électorale est faite de promesses, les différentes forces politiques en compétition ont établi un certain nombre de revendications qui souvent se rejoignent. On relève des revendications anciennes comme l'ouverture de succursales de banques algériennes dans plusieurs villes de France, la levée des contraintes des voyages en Algérie au cours de la période estivale, la réservation d'un quota de logements neufs dans toutes les wilayas du pays, la question de financement du transfert du corps des personnes décédées ou le rétablissement des colonies de vacances au pays. Il y a aussi des propositions nouvelles concernant le domaine économique comme l'encouragement de l'investissement direct en ne considérant pas les nationaux émigrés comme des étrangers donc soumis à la règle des 49/51%.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M M
Source : www.latribune-online.com