
Intervenant juste après une saison estivale et le ramadan marqués par des dépenses à outrance, la rentrée sociale devient de plus en plus rude. La flambée des prix des fruits et légumes, survenant en pleine rentrée scolaire, met à rude épreuve le pouvoir d'achat du citoyen. Tout « flambe » dans les marchés et les magasins. Les produits importés ou locaux ont connu des augmentations plus ou moins importantes. Est-ce l'effet de la dépréciation du dinar face au dollar ' 102,50 DA s'échangent désormais contre un dollar. Hier, un tour dans les différents marchés de la capitale confirme que les citoyens algériens peinent à remplir le couffin. La difficulté est beaucoup plus sérieuse pour les bourses moyennes qui n'arrivent même pas à boucler leurs fins de mois. Au marché de la cité 8-Mai-1945 de Bab Ezzouar, une quinquagénaire demande le prix des légumes avant de se raviser. Elle poursuivra son chemin en se contentant de scruter des yeux les étals bien garnis. « En réalité, cette difficulté intervient à chaque fin d'été. C'est une saison marquée par les déplacements et les fêtes, des événements qui entraînent de fortes dépenses », dira-t-elle. Elle semble avoir bien compris le mécanisme de l'offre et de la demande qu'elle n'a su formuler. Une autre dame abonde dans le même sens. « Sans la contribution de mes enfants, je serai toujours dans la gêne », nous confie-t-elle. « Mon époux travaille chez un privé et son salaire ne dépasse pas les 20.000 DA. Avec les dépenses quotidiennes pour les légumes, un poulet par semaine et le lait, il ne nous reste pas grand-chose », dit-elle. Pourtant, les quittances d'électricité et d'eau sont prises en charge par un de ses fils. Mieux, ses enfants contribuent également à prendre en charge d'autres frais.Cumul de dépensesCes augmentations donnent le tournis aux citoyens. La seule justification, comme le soutiendra un citoyen rencontré au marché devant un étal de fruits, est « qu'au marché de gros les prix ont augmenté ». L'offre n'est pas très importante ' Bien malin celui qui comprendra la logique qui sous-tend ces augmentations. La libéralisation des prix et leur non-affichage pénalisent le consommateur. Ce malaise financier qui touche à chaque rentrée sociale les Algériens n'est pas le propre des petites bourses. Même les cadres moyens avouent vivre des difficultés lors de cette période. « Le cumul des dépenses en une période très courte de trois mois ponctuée par des événements qui engloutissent toutes les économies à savoir le ramadan, les deux fêtes de l'Aïd et la rentrée scolaire, ce qui rend la maîtrise du budget quasiment difficile. Bien que mon épouse et moi avions toujours mis de l'argent de côté pour cette période des grands frais », avoue Rachid G., cadre dans une entreprise nationale. Mustapha Zebdi, président de l'Association de protection et orientation du consommateur (Apoce) va dans le même sens. Selon lui, « la rentrée est très difficile, même si ce n'est pas la plus difficile. Survenant entre l'Aïd El Fitr et l'Aïd El Adha les dépenses sont plus dures à supporter ». Selon le Dr Zebdi, « la dépréciation du dinar a généré des augmentations de certains articles, dont les affaires scolaires de l'ordre de 10 à 15% ». « Le trousseau scolaire d'un élève inscrit au premier palier (primaire) revient entre 6.000 et 7.000 DA », fait-il remarquer. Sur un autre plan, le président de l'Apoce regrette la désorganisation qui caractérise le marché des moutons. « A quelques jours de l'Aïd El Adha, il n'y a pas d'organisation du marché à bestiaux », regrette-t-il. « On avait pourtant convenu avec les producteurs de mettre en vente les moutons directement au profit des consommateurs », nous explique-t-il. Le dispositif n'a pu être mis en place. Les autorités locales n'ont pas joué le jeu. A l'en croire, « elles n'ont pas aménagé les espaces demandés par les producteurs afin de parquer leurs bêtes ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souhila Habib
Source : www.horizons-dz.com