Les agences foncières des 48 wilayas veulent créer un syndicat national pour défendre leurs droits socioprofessionnels ainsi qu'une direction générale de laquelle elles dépendront. Actuellement sous tutelle du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, ces agences ont affiché cette volonté lors d'une réunion qui a regroupé en fin de semaine des représentants de leurs syndicats respectifs.
Tout en indiquant que cette direction générale sera au ministère de l'Intérieur, elles ont précisé qu'elle sera leur premier responsable et se chargera de prendre des décisions notamment lors des contraintes dans l'accomplissement de leurs missions, a indiqué un syndicaliste d'une agence de la région centre.
La représentativité des travailleurs au sein des conseils d'administration est l'autre revendication des agences car elle leur permettra notamment de défendre les projets proposés. Ils plaident, par ailleurs, pour l'application de la législation du travail, la modification du statut régissant l'activité des agences foncières et l'élaboration d'une convention de branche. Ayant un statut d'Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial (EPIC), les agences doivent disposer d'un plan de charges leur permettant de réaliser des bénéfices.
Mais, en réalité, elles sont confrontées à des blocages, entravant la mise en 'uvre de leurs programmes. Certains walis, présidents de leurs conseils d'administration, s'opposent souvent aux projets qu'elles proposent. Habilitées à lancer des projets de réalisation de logements promotionnels et autres structures à caractère commercial, ces agences sont, selon la même source, freinées par des walis sans proposer d'alternatives leur permettant de réaliser des revenus. «La survie des agences dépend des recettes réalisées», a relevé un syndicaliste de l'agence foncière d'Alger qui n'a plus de cahier des charges depuis 2003.
Il prévient que d'ici deux ans, cette agence pourra connaître des contraintes financières, compromettant même la garantie de payement des salaires des travailleurs dont 50 % sont des contractuels.
La permanisation des contractuels, une priorité
Outre la revendication de permaniser les contractuels dont certains signent des contrats de deux mois depuis une dizaine d'années, certaines agences réclament une marge de man'uvre du moment qu'elles sont autonomes financièrement.
A défaut, le nombre des agences déficitaires augmentera car certaines agences sont déjà en difficultés financières comme celle d'El Bayadh qui peine à assurer les salaires de son personnel qui n'a pas été payé depuis cinq mois. A cet effet, les syndicalistes ont tiré la sonnette d'alarme au sujet de l'avenir incertain en raison des difficultés rencontrées. Parmi ces difficultés, plusieurs syndicalistes évoquent l'ingérence des walis pour changer la destination des assiettes foncières.
En plus clair, certaines agences qui avaient des projets de logements ont fini par perdre leurs projets car les walis ont attribué les assiettes devant accueillir ces projets à d'autres personnes. C'était le cas notamment dans une wilaya de l'ouest où un wali a décidé d'exproprier l'agence et de bloquer son projet pour attribuer le terrain à un autre bénéficiaire. Les syndicalistes dénoncent aussi les agissements de certains walis qui centralisent la décision à leur niveau, ne laissant aucune marge de man'uvre aux agences, malgré l'autonomie financière prévue par la réglementation.
Les revendications bientôt listées
D'autres contraintes seront signalées dans les rapports qu'établiront prochainement des délégués désignés jeudi à travers les quatre régions du pays. Une fois achevé, un rapport sera rédigé où seront énumérées l'ensemble des revendications et attentes des personnels des 48 agences foncières du pays, a indiqué Slimane Zitouni, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l'habitat et de l'urbanisme (FNTHU).
La fédération à laquelle sera affilié le prochain syndicat national des agences se chargera de transmettre les revendications des travailleurs aux autorités compétentes.
D'ici le mois de février, le programme arrêté devra être finalisé pour servir de base à la création du syndicat national, a noté M. Zitouni. Par ailleurs, il a annoncé que le ministère de l'Habitat a répondu favorablement à la plate-forme de revendications des différents organismes administratifs, sous tutelle de ce ministère transmise par la FNTHU, en septembre dernier.
La réponse du ministère a été adressée à l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à laquelle est affiliée la fédération, l'informant que les revendications des travailleurs seront prises en charge. Une nouvelle qui sera annoncée aux cadres syndicaux de la fédération lors du regroupement qui se tiendra le 28 janvier prochain à Alger. Ces cadres syndicaux se chargeront d'informer les travailleurs qui avaient menacé d'observer un débrayage au cours du premier trimestre 2013.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K S
Source : www.letempsdz.com