Alger - Revue de Presse

Les agences d'Air Algérie et de voyages prises d'assaut: Un pont aérien entre l'Algérie et le Soudan



En bande, des jeunes, au cri de «n'rouhou n'rouhou, li Soudan n'rouhou !» (nous irons nous irons, au Soudan nous irons) se dirigent vers le siège d'Air Algérie situé place du 1er Novembre. Une foule grossissant au fil des minutes a assailli le siège en question. Par paquets ils s'introduisent, soit munis de leur passeport, soit d'une simple carte d'identité, pour s'inscrire sur la liste des «lauréats» qui vont prêter main forte à l'équipe nationale.

 Un jeune homme qui a réussi l'épreuve grâce à son jeu de coudes nous explique ce qui se passe à l'intérieur : «On m'a pris mes nom et prénom, le numéro de mon passeport et mon numéro de mobile». Et d'ajouter : «On me convoquera soit pour me délivrer le billet d'avion gratuitement, soit pour que je m'acquitte de la moitié du prix».

 En effet, le personnel d'Air Algérie, totalement débordé, s'est contenté d'ouvrir des listes pour les éventuels partants pour El-Khartoum. Faisant preuve de beaucoup de sang-froid, un employé essaye d'expliquer à ceux qui veulent l'écouter : «Jusqu'ici, nous n'avons reçu aucune instruction précise. Ce que je peux vous affirmer, c'est qu'en ce moment même, le P-DG et son staff sont en réunion pour arrêter les modalités pratiques du pont aérien devant être établi entre l'Algérie et le Soudan». Par modalité pratique, il énumère, entre autres, le quota qui sera alloué à chaque ville ou région du pays.

 En début d'après-midi, la radio locale El-Bahia a annoncé que la réduction du tarif du billet sera de l'ordre de 20%. Certains de ceux qui se sont agglutinés devant les bureaux du transporteur national n'ont pas voulu croire aux éclaircissements fournis par ce média officiel.

 Pourtant, en fin de matinée, le standard de cette station de radio a failli exploser à cause du nombre impressionnant de coups de fil envoyés par des auditeurs cherchant d'autres explications sur la décision prise par le chef de l'Etat. Par contre, d'autres n'ont pas caché leur satisfaction quand ils ont appris que le billet coûtera seize mille dinars et que le visa d'entrée leur sera délivré à l'aéroport d'El-Khartoum. Pour contourner la file qui s'est formée devant le siège d'Air Algérie, au point de gêner la circulation des véhicules, un jeune prendra l'initiative d'ouvrir lui-même une liste des supporters désireux de faire le déplacement d'El-Khartoum pour la remettre à la direction d'Air Algérie.

 Au niveau de l'ONAT, un responsable nous expliquera que jusqu'à la fin de l'après-midi, son agence n'a reçu aucune instruction spéciale de la part de sa tutelle. Il reconnaîtra que le Soudan n'est pas une destination habituelle des voyagistes algériens. Pour lui, le billet doit coûter aux environs de 80.000 dinars. Ailleurs, les agences de voyages ne semblent pas assaillies par la foule. «Nous avons reçu dès les premières heures de la matinée des jeunes qui s'informent sur les modalités de voyage au Soudan. Je n'ai pas de réponse concrète à leur avancer parce que nous sommes pris au dépourvu. Il nous faut un peu de temps pour organiser la chose».

 Mais la décision de partir soutenir les Verts à Khartoum a été prise par certains inconditionnels dès le coup de sifflet final du match du Cairo Stadium. Pour remonter le moral de ses copains, déçus par le résultat, un jeune criera «Eh ben nous partirons au Soudan !». C'était l'un des jeunes qui avait suivi la rencontre sur un data show, dressé à l'entrée d'un café au début de la rue les Soeurs Benslimane.

 Les informations sur l'agression des supporters de l'équipe nationale au Caire, même après le match, amplifiée par la rumeur qui parle de morts, ont renforcé ce désir d'aller «affronter» les Egyptiens. Mais ce qu'on peut retenir, c'est que cette opportunité de partir au Soudan, avec les facilités proposées par les autorités politiques du pays, a relancé l'enthousiasme des foules, un peu émoussé après le résultat d'avant-hier.

 Même top dans les autres wilayas de l'Ouest, notamment à Relizane, où les supporters de l'EN ont pris d'assaut les agences d'Air Algérie et les agences de voyages pour décrocher un billet vers Khartoum. A l'est du pays, à Constantine entre autres, les jeunes n'en démordent pas de voir une victoire de l'équipe nationale sur l'Egypte à Khartoum. Hier matin, ce sont des dizaines de jeunes qui ont pris d'assaut les bureaux d'Air Algérie, dans l'intention de réserver une place d'avion pour se rendre à Khartoum. Une folle rumeur circulait, d'ailleurs, au milieu de ces jeunes survoltés qui ont même refusé de décrocher drapeaux et banderoles : «Le voyage serait gratuit», annonçait-on à qui voulait l'entendre.

 D'autres candidats au voyage, plus pragmatiques, ont également pris d'assaut les diverses agences de voyages locales pour s'enquérir sur les possibilités de se rendre à Khartoum. A Annaba également, c'était la grande foule devant les agences d'Air Algérie et de voyages.


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