Alger - A la une

Les actes manqués de l'opposition



Au-delà de tout ce qu'elles charrient, ici et ailleurs, comme analyses et leçons, les manifestations qui secouent le pays depuis le 22 février ont ça d'implacable : elles sont venues remplir mieux que quiconque aurait pu l'imaginer l'espace qui aurait dû être le terrain d'expression de l'opposition.Quelle opportunité de ratée ! Du pain bénit, en principe, pour l'opposition que cette conjoncture dont les séquences grandeur nature se déroulent sous nos yeux, et aussi au vu et au su, donc, de partis qui se révèlent peu ou pas réactifs, une opposition spectatrice d'une situation qui la concerne au premier chef, subissant les événements comme toujours et, finalement, ne refléter que l'image d'une entité perdue à la recherche sans fin de ce petit quelque chose qui rapproche les uns des autres pour faire bloc contre le pouvoir et sa machine dont d'ailleurs certains des acteurs de cette opposition connaissent parfaitement la mécanique.
C'est en somme comme un nouvel indice, mais beaucoup plus parlant cette fois, de la criante déconfiture des partis politiques apparue après les actes manqués au lendemain du rendez-vous qui, il y a quelques années à peine, laissait entrevoir quelques signes d'un tournant historique qu'allait prendre la vie politique en Algérie ; la rencontre de Mazafran d'il y a près de cinq ans maintenant qui avait regroupé pour la Conférence du dialogue national, initiée par la défunte Coordination nationale pour la transition démocratique (CNLT) regroupant les partis et personnalités qui avaient appelé au boycott de l'élection présidentielle du 17 avril 2014.
Une élection présidentielle, et tout ce qui va avec, aussi singulière que celle que nous vivons, beaucoup plus encore que celles qui l'ont précédée depuis 1999, avec cette série de hauts faits que constituent les manifestations de rejet du 5e mandat convoité par le Président sortant, tout cela n'a pas réussi à fouetter les ardeurs d'une opposition qui criait depuis Mazafran que son objectif était de «sauver la Nation».
Une opposition dans sa globalité remise en cause, et ce n'est sans doute pas Louisa Hanoune qui trouvera à redire, elle qui a vécu ce qui restera sans doute comme un des moments les plus atroces de sa carrière politique, lorsqu'elle a été violemment prise à partie vendredi dernier par une foule de manifestants au centre d'Alger. Une opposition, du moins une partie, qui a «brillé» dans cette conjoncture si particulière par la tenue d'une première réunion, deux jours avant la première grande manifestation de rejet du 5e mandat, à l'initiative de Abdallah Djaballah qui assurait que lui et ses 17 convives, parmi lesquels Ali Benflis, Abdelaziz Rahabi, Abderrezak Makri et autre Nouredine Bahbouh, s'étaient réunis pour se conformer à la volonté populaire de rejeter le 5e mandat. Un coup d'épée dans l'eau qui n'a pourtant pas rebuté Djaballah pour appeler à un autre conclave le lendemain des historiques manifestations de samedi dernier pour passer en revue les derniers développements subis par la scène politique marqués, donc, par la formidable mobilisation citoyenne du désormais historique 1er mars 2019. Une autre initiative, un vrai pétard mouillé en fait, à laquelle n'a accordé pratiquement aucun intérêt l'opinion publique qui n'a eu à se mettre sous la dent, en guise d'actes de la part de l'opposition, que les interventions de députés du RCD et leurs collègues du Front Al Moustaqbal et du PT lors du dernier passage du Premier ministre devant l'APN.
Trop peu pour espérer s'attirer les faveurs du désormais plus grand parti d'Algérie, celui de ces millions de manifestants qui illuminent les rues du pays depuis deux semaines.
Azedine Maktour
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