
« Pour des considérations politiques, le gouvernement provisoire algérien était marginalisé et comme le 19 mars est le symbole de ce que ce gouvernement avait réalisé, cette date fut aussi marginalisée », a expliqué, hier, au forum Echaab, Ahmed Slimani, professeur des civilisations à l'Université d'Alger. En fait, ceux qui approuvaient le gouvernement provisoire algériens étaient traités de « faibles » par les opposants alors que ce dernier a sauvé le pays d'une guerre civile. Mieux, souligne-t-il, c'est grâce à ce gouvernement que l'Organisation armée secrète (OAS) a pu être mise hors état de nuire. Dans le même contexte, Amer Rekhila, expert en Histoire, a fait savoir que, paradoxalement et aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est en grande partie grâce à l'OAS que certains accords conclus en faveur de la France (accords d'Evian) n'ont pas pu être appliqués. « Durant les négociations des accords d'Evian, certaines garanties ont été accordées à la France que beaucoup considèrent comme des concessions. La protection des intérêts de colons en faisait partie. Mais l'OAS qui voulait mettre en échec les accords d'Evian, assassinant Algériens et colons français, a fait fuir ces derniers. 90% des colons ont, en effet, quitté l'Algérie à partir du 19 mars 1962 », indique-t-il. Toutefois, les différents courants politiques algériens qui avaient conclu une sorte de trêve durant la révolution, ont fini par éclater après l'Indépendance, impactant par la même occasion le 19 mars 1962. « Il faut savoir que le FLN n'avait pas conduit la révolution en tant que parti politique, mais en tant qu'institution qui a réuni tous les courants politiques pour atteindre le même but, à savoir la libération du pays. Mais une fois l' Indépendance acquise, la course au pouvoir commença et tout a fini par éclater », explique-t-il en ajoutant que pour différentes considérations politiques, la plupart des accords d'Evian n'ont pas été concrétisés. Maintenant, estime-t-il, Il appartient à la société civile de défendre son histoire, de faire en sorte que le 19 mars soit célébré dignement. « Actuellement, à cause de la campagne électorale en France, l'histoire de l'Algérie est fortement instrumentalisée. De notre côté, nous n'avons pas un outil médiatique assez puissant et connaisseur en matière d'histoire pour la défendre en imposant la vision algérienne », conclut-il. De son côté, Ahmed Mahsas, un militant qui avait joué un rôle important dans le mouvement national, a appelé à ne pas perdre de vue l'essentiel de notre Histoire. « Nos moudjahiddine ont tenu parole et ont libéré le pays. C'est le plus important à retenir », dit-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com