La semaine a été pénible. Amar Ghoul, qui a la réputation d'avoir constamment l'énormité à la bouche, a encore parlé. Mais cette fois, c'est pour jeter un pavé dans la mare, ce qui ne lui ressemble pas vraiment, les pavés nécessitant un brin de courage et d'autonomie politiques dont on ne peut, à l'évidence, le soupçonner. C'est donc naturellement qu'on a encore attribué son «initiative» de «conférence nationale» à quelque tireur de ficelle tapi dans l'ombre.Mais on en aura quand même retenu dans son propos que l'élection présidentielle est de bien moindre importance que sa «proposition». On ne sait pas la portée de l'entreprise tellement les indices se multiplient dans ce sens mais on sait que? comme d'habitude, il n'a pas trouvé ça tout seul, comme un grand.
La semaine a été pénible, un peu plus que d'habitude, puisque nous sommes même amenés à rester chez les «7 et les 8» de l'Alliance présidentielle. Amara Benyounès s'y est donc mis à son tour, avec cette mission de rallier l'opposition à? quoi déjà ' On ne sait pas, puisque le chef du MPA, qui dit que «l'Alliance présidentielle est prête à discuter de toutes les propositions d'où qu'elles viennent, surtout de l'opposition», ne précise pas «sa pensée». Comme on ne peut rien demander à l'oreillette, il nous faudra donc patienter.
Pour rappel, les 7 et les 8, ce sont des cartes sans points mais utiles au jeu de belote.
La semaine a été pénible. Une fusillade a eu lieu à Strasbourg, en France. Des morts, des blessés et des? Algériens tellement perspicaces qu'on ne la leur fait pas. Bien évidemment, ils nous ont encore dit que c'est un «complot ourdi». Et de nous expliquer qu'il faut vraiment être sot pour ne pas comprendre que l'attentat a été fomenté par les services français pour tempérer les ardeurs des Gilets jaunes dont le mouvement commence à inquiéter l'Elysée. Ceci pour l'argument «politique», mais comme il faut également une «preuve» technique à leur certitude, la mort de l'auteur de la fusillade ne pouvait pas mieux tomber. Il n'y a pas à dire, quand on est perspicace, on l'est jusqu'au bout.
La semaine a été pénible. Il y a encore eu une fermeture de route par des manifestants et tel que c'est parti, on va finir par ne plus se demander où, tellement la RN 12 qui relie Alger à Tizi Ouzou tient le haut du pavé en la matière. C'est donc du côté de Si Mustapha qu'on a encore bloqué la circulation pour une histoire de logements sociaux qui figurent aussi en tête de liste des raisons de la colère. C'est tellement récurrent que quelqu'un de particulièrement inspiré a appelé cette zone «le barrage fixe».
Ne vous demandez surtout pas de quel côté de la? barrière il est, il fait certainement partie de ces milliers de voyageurs qui triment des heures durant pour parvenir à destination. Parmi eux, des femmes et des hommes âgés, des malades, des gens qui ont un vol à prendre, des étudiants en période d'examen et des travailleurs qui n'ont que le week-end pour voir leur famille. Mais dans ce genre de situations, on ne sait même plus ce qui fait le plus mal à ces gens, le désagrément subi ou le fait de se retrouver dans un camp qui est rarement le leur, les colères étant souvent légitimes.
S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com