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Leila, la vie secrète d'une étudiante affranchie



Leila, la vie secrète d'une étudiante affranchie
Durant toute ma période d'études, je menais une double vie à l'insu même de ma famille, et à part mes collègues et mes employeurs, tout le monde, y compris à la fac où j'était plutôt discrète, me prenait pour une étudiante résidente.De mon ancienne chambre universitaire à mon actuel studio, je suis passée par mille galères, la recherche d'un logis digne m'a fait subir les pires humiliations. Je suis native de Bejaïa ; après l'obtention de mon baccalauréat, j'ai rejoint l'université de Dély Ibrahim pour entamer des études en économie, je suis issue d'une famille très modeste et je n'ai pas de parents proches à Alger, je me suis donc résignée à partager mon temps entre études et petits boulots. Un jour, une famille aisée m'a engagée pour exécuter les travaux domestiques et faire la cuisine.A l'époque, le directeur de la résidence m'avait autorisée à rentrer à des heures tardives car il connaissait ma situation. La donne avait changé l'année suivante après des quiproquos malsains provoqués par des agents de sécurité. Les résidences universitaires étaient tenues d'appliquer le règlement à la lettre concernant l'horaire de fermeture de la résidence. N'ayant pas d'autres ressources pour subvenir à mes besoins, j'ai dû quitter la cité comme l'ont fait d'autres filles actives. La famille chez qui je travaillais m'avait alors trouvé un hébergement dans une villa voisine, où une dame âgée louait un étage entier à des femmes actives, certaines parmi celles-ci travaillaient dans les boîtes de nuit.La location se faisait carrément «par lit», pour la rondelette somme de 5000 da le mois. Au bout d'un moment, je ne pouvais plus supporter l'atmosphère bruyante au milieu de ces joyeuses filles libertines. J'ai eu surtout des soucis pour sauvegarder ma réputation. J'ai dû supporter cette situation longtemps après avoir décroché un poste de téléopératrice dans un call centre.J'ai déménagé ensuite chez des collègues téléopératrices dans une colocation plus digne à 10 000 DA le mois. J'assistais aux cours jusqu'à 16 heures et je déjeunais ensuite plus tardivement avant de rejoindre mon entreprise. J'y ai travaillé deux années souvent le soir de 18h à minuit et mon salaire me permettait de boucler le mois sans soucis. Mais, hélas, nous étions toujours «mal vues» par les voisins qui guettaient nos moindres mouvements et avaient fini par nous chasser de l'immeuble comme des malpropres à cause des rares visites d'un parent d'une des co-locatrices. Chacune a dû se débrouiller de son côté ; quant à moi, j'ai encore vécu une sacrée galère entre hôtels et squat en cité U.Heureusement, mon statut actuel m'a permis de mieux m'en tirer. J'enseigne actuellement à la fac et je poursuis mes études en vue de l'obtention d'un doctorat. Mon salaire d'enseignante et les honoraires que je perçois des cours du soir que je dispense me permettent de louer un studio abordable pour 25 000 DA par mois. Cela m'arrange, d'autant plus que j'ai besoin de plus de calme et d'intimité.


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