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Législatives: le Sport, maillon faible du programme des candidats



Des partis politiques et listes indépendantes en lice pour les législatives du 12 juin prochain ont consacré dans leurs programmes électoraux un espace "très réduit" pour le secteur sportif, ce qui relève un "manque de visibilité" chez les candidats, estiment des techniciens et chercheurs.Le parti de l'Alliance nationale républicaine (ANR), dirigé par Belkacem Sahli, a évoqué dans son programme électoral la nécessité de moderniser les mécanismes de gestion des infrastructures sportives et actualiser les programmes qui leur sont destinés afin de se mettre au diapason des développements dans ce domaine.
"Il est temps de procéder à la modernisation des modes de gestion des infrastructures sportives telles que les salles omnisports, les piscines olympiques et semi-olympiques ainsi que les OPOW, des espaces dédiés à la pratique sportive que ce soit pour les athlètes d'élite ou les citoyens", lit-on sur le programme de l'ANR.
Dans ce sens, le parti de l'ANR a mis en évidence le rôle important de l'Etat qui a noué des relations anciennes et fortes avec le Mouvement sportif algérien, précisant que les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, la culture, l'intégration et la vie sociale.
"Le sport contribue notamment à la lutte contre l'échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi qu'à la (préservation de la) santé. La promotion et le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les personnes handicapées, sont d'intérêt général", a-t-on souligné.
De son côté, le Mouvement El Bina El Watani a appelé dans son programme au développement du sport pour tous, en particulier en direction des citoyens des zones retirées, à l'organisation du sport de haut niveau afin de maintenir le rang de l'Algérie parmi les grandes nations sportives ainsi qu'à la protection des sportifs contre les dérives intolérables que constituent le dopage et la violence.
"Je pense qu'il est indispensable de revoir la politique actuelle basée sur le financement des Fédérations et associations sportives nationales. Il faut qu'elle soit fondée, essentiellement, sur les principes de performance et d'équité. L'Etat, à travers les collectivités locales, ne peut pas continuer à financer des clubs de football (professionnels) considérés comme des sociétés sportives à caractère commercial", a indiqué à l'APS Mohamed Boukheta, candidat du parti El Bina El Watani à Alger.
"Disparités"
Dépourvu d'un programme proprement consacré au sport, le Parti du renouveau algérien (PRA), a fait de la question sportive une priorité par la voie de quelques candidats en lice pour les législatives du 12 juin.
"La législation dans le domaine sportif a été toujours orientée par des cadres de l'Administration centrale, notamment ceux qui font partie du ministère de la Jeunesse et des Sports. A titre d'exemple, 70% des textes d'application de la loi 13-05 du 23 juillet 2013 relative à l'organisation et au développement des activités physiques et sportives n'ont pas été élaborés. Ce texte de loi doit faire l'objet d'une révision", a déclaré à l'APS Aboubeker Mekhfi, candidat du PRA à Alger.
Pour ce candidat, ex-président de la Fédération algérienne de karaté-do (FAK) et directeur d'une entreprise pétrolière, les véritables acteurs du sport algérien qui sont les athlètes d'élite et les experts doivent retrouver leur place au sein des assemblées générales des fédérations sportives.
Par ailleurs, parmi les rares listes indépendantes ayant consacré un chapitre dédié au sport, la liste "Alger la blanche" qui a souligné la nécessité de mettre en œuvre une vraie politique du sport au niveau des Directions de la jeunesse, des sports et des loisirs (DJSL) et des collectivités locales.
"A côté d'un Etat très présent dans le suivi et surtout le financement du Mouvement sportif, les collectivités locales et les Directions de la jeunesse et des sports doivent jouer leur rôle dans le pilotage de la pratique sportive et du sport de haut niveau.
Le financement des évènements sportifs est accaparé par une seule et unique discipline, à savoir le football. Cette situation entraîne de fortes disparités entre les disciplines sportives", souligne le candidat indépendant, Mohamed Kobbi.
Des techniciens et chercheurs sportifs, interrogés par l'APS, ont relevé un intérêt "faible" pour le volet sportif de la part de la majorité des partis politiques et candidats indépendants.
Le chercheur universitaire, Ali Hakoumi, expert en sciences et méthodologie du sport, observe que le volet sportif est souvent "négligé" par la majorité des candidats aux législatives, y compris cette année.
"L'Etat a progressivement donné au sport les caractéristiques d'une mission de service public en se fondant sur la notion d'intérêt général inscrite dans le code du sport. Moi je dis que le sport a été toujours le grand oublié des politiques", a estimé le Docteur Hakoumi.
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