Acte de naissance
Le futur est un passé imparfait, écrivait un obscur gribouilleur, mort avant d’avoir vécu son présent. Le monde couché sur une page, vu à travers la lucarne déformée de sentiments d’appartenance et d’allégeance tribale, ethnique ou universelle, est un patchwork d’événements qui viennent s’entrechoquer et provoquer les tsunamis les plus improbables. Eternuer en Indonésie, trembler de fièvre en Egypte et c’est toute l’humanité qui a peur de choper la grippe aviaire. Kadhafi qui se lève du mauvais pied, Bush qui voit la lumière céleste sous le pas de sa porte, et c’est toute la planète qui se demande qui sera le prochain Irak à pacifier de ses habitants. Toutes les grandes dates de l’Histoire gardent leurs secrets; toutes les décisions cruciales qui ont remodelé le visage du monde ont une part de subjectivité puérile et le chroniqueur essayera de relativiser l’Evénement en regardant dans le rétroviseur de la semaine. Les jeux de guerre à Bagdad, les pétards mouillés de Téhéran, les tire-boulettes de Gaza, les poignées de main secrètes entre Tel-Aviv et les Bédouins occidentalisés du Golfe, le regard crétin de Washington, l’hypocrisie de Paris, les armes de Madrid, l’à-plat-ventrisme de Londres, la mièvrerie d’Alger, les manches rouges de sang de Moscou sont autant de plats de résistance à concocter sur le grill hebdomadaire. Des mets souvent indigestes pour nos estomacs qui continuent de souffrir des images brouillées d’un monde arabe piétiné aux pieds de la Croix. Le chroniqueur tient à préciser qu’il est partie prenante des conflits, quelle que soit leur adresse, et il n’hésitera pas à sauter les pieds joints dans les plats lorsqu’il s’agira de dégueuler et de gueuler à la face de l’injustice. Il ne se privera pas de refaire le monde, chaque semaine, au gré de ses humeurs et de ses folies. Un avis de tempête est lancé.
La cigarette tue, les Américains aussi !
La victoire des démocrates aux dernières «législatives» de l’oncle Sam a réjoui plus d’un amoureux de la paix et fait espérer les supporteurs des causes perdues, surtout arabes. On y décèle une autre façon de nous regarder à travers le microscope du monde, de nous étudier comme de particules nuisibles, ceinturées d’explosifs prêts à faire péter la planète au premier feu rouge grillé. Les démocrates, gens instruits, ouverts sur le reste de l’humanité, décontractés et qui vous sourient de leurs belles dents scintillantes en vous tapant sur l’épaule, manière de dire «No problémo, de toute façon tu crèveras, toi le sale Arabe, toi l’affreux Africain, toi le terroriste musulman», et tout cela avec le sourire, s’il vous plait. Parce que les naïfs qui croient encore à l’ghoula (papa Nouèl pour les civilisés), et ils sont aussi nombreux et inutiles que la pellicule sur le cuir chevelu d’un internaute, pensent que l’Amérique de double V, la plus grosse connerie de l’Amérique après le hamburger, «Condorice», celle qui a renié ses origines pour sortir du placard des oubliettes une ancêtre juive, de Cheney, l’apprenti sorcier, est la seule à zigouiller de l’arabe musulman si c’est possible. De l’Arabe tout court. Du musulman tout cru. Que cette Amérique qui a parqué des milliers de Japonais dans des enclos à bétails lors de la deuxième guerre mondiale, cette Amérique qui a importé du Noir pour travailler ses champs, cette Amérique qui a bombardé les Viêt-Cong au napalm, cette Amérique qui a réduit les indiens à une curiosité historique est la seule responsable des malheurs qui pleuvent sur nos têtes, eh bien non! Les démocrates aussi sont autant responsables que ces néo-conservateurs tous droit sortis de Salem. Lors de la dernière guerre entre Hezbollah et la coalition arabo-israélienne, c’est Hilary, Lary pour les intimes, Mme Clinton, herself, celle qui sera certainement candidate du parti démocrate aux prochaines présidentielles, qui était à la tête des manifestations pour dénoncer l’agression des barbus libanais contre Israël, c’est pour vous dire que c’est du pareil au même. Que les démocrates qui demandent le retrait des soldats américains de la lointaine Mésopotamie, une marque de Soda pour les amerloques, ne le font pas par bonté d’âme ou par envie de mettre fin à la colonisation d’un pays souverain, mais simplement par calculs politiciens en perspective des urnes. D’un autre son discordant, manière de mettre davantage dans la gêne les républicains. Il est facile de penser que ce que je tricote là est ce que les bien-pensants de la démocratie occidentale appellent l’anti-américanisme primaire. Certes, tout tend à le croire, mais ce que je peux vous dire c’est que c’est vrai. C’est la vérité pure et nue.
Sarko aime les étrangers… qui restent chez eux
Jean-Marie Sarkozy, pas la peine de corriger, a l’art et la manière de se fourvoyer quand il aime à parler des étrangers. Monsieur Beauvau, qui a pris en grippe tous ceux qui ne savent pas chanter correctement la Marseillaise ou qui la sifflent un chouia trop bruyamment, est un adepte de la droite à droite. Un inconditionnel de la sécurité des Français, clairs de peau, un zélé défenseur des juifs hexagonaux. Un grand ami de l’Etat hébreux. Un fervent supporteur de Double V. Un jaloux de Blair, plus prompt que lui à tirer la langue devant son maître. Quand Sarko discourt sur l’étranger, c’est en terme de statistiques, en nombre de régularisation, en vocabulaire choisi dans le dictionnaire du parfait raciste, en beur et noir, en émigration sélective. Sa dernière répartie concernant le regroupement familial en est, si besoin est, une parfaite illustration. Sarko, qui chasse sur le terrain de Le Pen, c’est devenu un classique de la politique française depuis que le petit Hongrois s’est mis en tête de gouverner le pays. Mais Sarko garde dans son entourage sa minorité de service. Un Arabe, un Black, un socialiste, un chanteur rap tout comme Royale a dans ses bagages une beurette, un manouche, un zonard, un footeux tout comme Le Pen, De Villiers, Bayrou et les autres. La France beur, blanc, black n’existe que dans les discours démagogiques des politiciens de là-bas, ou dans le brassage des équipes nationales, c’est dire qu’avec ces gens-là, monsieur, on n’est pas près d’être Français à part entière, même si dans les veines de Zizou coule un peu de zite ezzitoun.
Et pour finir…
Une belle histoire qu’on m’a racontée. Une de celles qui vous font sourire les jours de brume et qui vous rendent l’espoir dans ce monde de brutes, de meurtres et de rapines. C’est l’histoire d’un voilier oublié de la mer. Du destin, peu commun, d’un bateau livré au temps qui revit parce qu’un amoureux de la mer en a voulu ainsi. C’est l’histoire de l’«Americo Devespucci», vendu aux enchères parce que son premier propriétaire, tombé en panne d’argent, eut la mauvaise idée d’essayer de vendre des bouteilles de whisky à un dépositaire de boissons alcoolisées, installé à Oran. On était en 1973. Le commerçant, sentant un coup fourré, alerte la police qui arrête le capitaine bootlegger. Il est condamné par la justice algérienne à verser 71 millions de centimes pour récupérer son navire. Le proprio planifie alors le vol de son propre voilier et, tablant sur un jour de tempête, il plonge et enchaîne la vedette des douanes, capable de le courser en mer. Le grain n’arrive pas et lui de replonger pour déchaîner la vedette. L’«Americo Devespucci» est vendu aux enchères. Trente ans plus tard, il change de main une troisième fois et devient propriété d’un amateur des grands fonds qui lui a rendu sa fierté. Mais, il faut plus que des yeux en bon état pour apprécier la liberté et la majesté de la mer qui se regarde aussi avec les yeux du cœur.
N.B.: Pour tailler une bavette avec moi et me dire le fond de vos pensées contactez moi au saadoussi@yahoo.fr ou au siège de la Maison Blanche à Washington, j’y suis invité par mon ami double V.
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Saâd Doussi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com