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Le wali d'Alger se met à l'abri ALORS QUE LES DERNIÈRES INTEMPERIES ONT FAIT DES «VAGUES»



Le wali d'Alger se met à l'abri                                    ALORS QUE LES DERNIÈRES INTEMPERIES ONT FAIT DES «VAGUES»
Mohamed Kebir Addou compare les dernières intempéries à celles qui se sont produites en Europe et non quelques gouttes de pluie... Disproportionné.
«Vous parlez de pénalisation du citoyen, ce n'était que 3h!», tel est la réponse du wali d'Alger, Mohamed Kebir Addou, à propos des intempéries de dimanche dernier qui avaient bloqué la circulation dans la capitale durant plusieurs heures. S'exprimant en marge d'une cérémonie en l'honneur des membres de l'APW, organisé au Jardin d'essai d'El Hamma, le wali d'Alger semble ne pas vouloir entendre parler de désagréments.
Et pourtant...! Il estime même que l'Algérie s'en est mieux sortie que ses voisins du Bassin méditerranéen qui ont connu les mêmes intempéries. «Qu'on soit lucide, il faut voir ce qui se passe dans le sud de la France ainsi qu'en Espagne et en Italie. Tous le sud-est de l'Europe a été paralysé et cela pendant plusieurs jours, pas seulement quelques heures comme à Alger», lance-t-il, en guise de réponse «sèche» pour minimiser la situation qui, faut-il le dire, a frôlé le drame. «Ce sont des villes qui sont habituées à de grosses perturbations météorologiques et pourtant ils ont été paralysées pendant plusieurs jours sans eau et électricité», ajoute M.Addou qui compare les orages pluvieux qui ont touché le pays avec de la neige et des rafales de vent exceptionnellement violents, jusqu'à 130 km/h, à ceux qui ont touché l'Europe. Oui, c'est vrai que les deux «vagues» sont comparables...! M.Addou aurait pu aller loin en les comparant aussi à celles qui touchent les Etats-Unis. C'est presque pareil! M. le Wali estime que seuls deux points noirs ont été enregistrés dans la capitale. Il s'agit de Oued Ouchayeh (Bachdjerah, banlieue d'Alger) et l'avenue de l'ALN (Ex-Moutonnière). «Pour Oued Ouchayeh, une inscription a été faite pour le rééquilibrage de l'Oued, afin d'éviter tout débordement à l'avenir», assure-t-il. Concernant le boulevard de l'ALN, «c'est une conjonction de phénomènes, d'abord, les pluies torrentielles et le vent qui a accompagné la houle et les grandes vagues, il y a eu un reflux des eaux de mer», explique-t-il. «Mais les grands travaux de réseau d'assainissement et de collecteur qui doivent s'achever en 2016 et qui sont en cours, notamment le grand collecteur d'Oued Mkessel vont contribuer à mettre fin définitivement à tous ces phénomènes», promet-il. «Nous sommes dans une ville qui est en train de se construire, il y a eu des améliorations vu que ce n'est qu'un retard de trois heures dans ce boulevard où il y a quelques années, on ne circulait pas pendant toute une journée» après des intempéries, a-t-il rappelé. Le wali d'Alger rappelle également que les quantités de pluie qui sont tombées sur la capitale sont loin des prévisions des services météorologiques. «Il était prévu 50 millimètres en 48 heures, on a eu droit à 72 millimètres en 4h», rapporte-t-il. «C'est dans les mêmes proportions que ce qui été enregistré à Bab El Oued en 2001», souligne-t-il.
Et les avaloirs dans tout ça'
M.Mohamed Kebir Addou a donc donné ses explications concernant les inondations qui ont touché la capitale. Mais les trémies d'Alger tel que celle du 1er Mai comment se sont-elles retrouvées noyées' Qu'en est-il de l'entretien des réseaux d'assainissement et du nettoyage des avaloirs' Tous les citoyens ont dû remarquer que lors de cette fatidique journée du dimanche, les avaloirs de la capitale étaient pratiquement obstrués. Mais le wali n'a soufflé mot à ce sujet. Le président de l'APW, Mohand Rabhi, a lui, par contre, évoqué le sujet. Il a lancé un appel de sensibilisation aux citoyens pour s'impliquer dans la sauvegarde de leur ville. «Nous sommes en train de nettoyer mais il faut que les citoyens nous aident en s'impliquant dans le nettoyage de leur ville et cela en évitant de jeter des ordures un peu partout», demande-t-il à ses administrés. «Lors du nettoyage des caniveaux après les fortes intempéries de dimanche, on a trouvé du foin. C'est ce qui les a bouchés», témoigne M.Rabhi.
Cette sortie du wali d'Alger relance le débat sur le fait que les responsables algériens ne reconnaissent pas leurs erreurs. Comment parler d'un phénomène normal qui touche toute la Méditerranée et ne pas parler de l'entretien des avaloirs et des nids d'oued, alors que même la Protection civile a exprimé son mécontentement à ce sujet!
En effet, les hommes du feu sont en colère après que les walis n'ont pas pris très au sérieux la note qui leur a été envoyée par la direction générale de la Protection civile (Dgpc). Dans ce document qui a été envoyé au mois d'août dernier aux walis et dont L'Expression détient une copie, il a surtout été demandé aux walis de «faire entreprendre le curage et le nettoyage des avaloirs urbains, faire entreprendre le curage des lits d'oueds et cours d'eau, interdire tout dépôt de matériaux ou gravats en zones urbaines, notamment au niveau des chantiers de construction des bâtiments...».
Il est aussi utile de rappeler que ces «désagréments», comme les qualifie le wali n'ont pas seulement bloqué les usagers de la route, mais elles ont provoqué la mort d'un citoyen, les blessures de trois autres, ainsi que l'effondrement de plusieurs bâtisses. Les responsables algériens ne semblent pas vouloir tirer les leçons de leurs erreurs
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