Quand le journal électronique Mediapart avait révélé l'affaire Cahusac, sa famille politique avait d'abord réagi d'une façon assez épidermique. C'est cela la règle de la solidarité partisane ou gouvernemental : on commence par défendre les siens, y compris en jetant l'anathème sur leurs pourfendeurs forcément peu crédibles, sinon manipulés, et on voit venir.
D'une manière générale, la présomption d'innocence est plus qu'un principe, c'est aussi la «bonne affaire», comme dirait l'autre. Et dans ce cas précis, le site d'information en question n'a pas toujours été professionnellement irréprochable.
Alors, le Parti socialiste français et quelques autres sympathisants effarouchés y sont allés franchement. Quand le maintenant ex- ministre du Budget est passé aux aveux, le ciel est tombé sur la tête de son President, son Premier ministre et tous les siens. Alors, ils ont fait ce qu'il y avait à faire : l'accabler.
Enfoncer le sergent félon pour protéger le régiment. Et circonscrire la responsabilité à son seule parjure. Mais ça n'a pas marché et la majorité française aux affaires est dans une sale tempête. Il faut maintenant faire quelque chose qui puisse convaincre qu'on peut se prémunir contre d'autres scandales.
Pas facile, surtout que l'affaire ne semble pas parvenue à son terme. Quand la justice et la presse milanaises avaient révélé l'affaire «Sonatrach 2», le capitaine Khelil était déjà en disgrâce mais personne n'imaginait la cour martiale pour lui.
Alors on a fait ce qu'on pouvait. La présomption d'innocence est pour tout le monde et le régiment difficile à localiser.
Il n'a plus de famille politique à mettre à l'abri de la tourmente, mais il reste Sonatrach, entreprise prestigieuse s'il en est, et ses «milliers de cadres honnêtes et dévoués». Mais qui a dit que tout le monde était pourri, que les murs, les gazoducs et les raffineries étaient' corrompus pour qu'on nous sorte systématiquement l'argument passe-montagne selon lequel les scandales étaient «le fait d'individus et non d'institutions» ' Pourquoi parle-t-on plus de la justice qu'on doit «laisser faire son travail» que de la corruption qui gangrène les' institutions et de la' justice qui n'a jamais fait son travail '
Quand, enfin, SNC Lavalin a été confirmée dans sa réputation de géant pas vraiment clean, voilà que son vice-président Charles Chebl qui s'exprimait dans un entretien publié hier par notre confrère Liberté dit exactement la même chose que ceux qui ont volé au secours de Cahusac ou de' Sonatrach !
L'ancien président de la société, M. Duhame est visé par une instruction judiciaire au Canada pour une affaire de corruption, un autre haut responsable, Riad Benaïssa, incarcéré en Suisse pour versement douteux à l'un des fils de Kadhafi et les scandales de SNC Lavalin en Algérie connus de tous. Et avec tout ça, «ce n'est pas la compagnie qui est mise en cause mais les individus», selon M. Chebl !
Décidément, on se rejoint toujours quand il s'agit de sauver les meubles. A Alger, à Montréal ou à Paris. Toutes proportions gardées, bien évidemment.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com