La hausse significative du nombre journalier de nouveaux cas de contamination au Covid-19 inquiète fortement, mais le «déni» dans lequel se referme une bonne partie de la population, laquelle s'obstine à croire que le virus n'existe pas, semble préoccuper encore davantage les spécialistes.Massiva Zehraoui- Alger (Le Soir) Se penchant sur cette réaction, le chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Mahfoud-Boucebci de Chéraga, le Pr Madjid Tabti, explique que le lourd stress engendré par cette pandémie a conduit certaines personnes à développer un mécanisme de défense. Par conséquent, il se traduit chez quelques-unes par le «déni», a-t-il souligné, jeudi dernier, lors de son passage à la Radio nationale. Une situation inquiétante, selon lui, «tant elle met en danger toute la population». Les gestes barrières n'étant pas respectés, le risque de propagation du virus dans des cercles plus larges «n'en est que plus grand», a-t-il averti. Face à cet état de fait, Madjid Tebti invite les citoyens qui ne sont toujours pas «conscients» du danger à «aller constater l'ampleur de cette pandémie dans les morgues».
Il appelle dans ce sillage la population à «faire confiance aux autorités sanitaires en suivant toutes leurs directives» et «à se comporter avec intelligence», afin d'en finir pour de bon avec ce virus. Cela dit, le pédopsychiatre estime que le message de sensibilisation n'a pas été transmis par les autorités de la bonne manière. Il pointe du doigt une mauvaise communication qui n'a fait qu'exacerber la perplexité des Algériens par rapport à la menace que représente cette maladie.
Un manque de confiance des citoyens qui s'explique aussi par des faits historiques, soutient-il. Développant son propos, il relève que ce sont là les séquelles d'une population qui a été «longtemps malmenée» par des épisodes traumatisants tels que les dix années de terrorisme. S'ajoute à cela, une gestion hasardeuse du pays, laquelle a toujours été caractérisée par des injustices sociales. Cela a indéniablement abouti à «une société angoissée qui se défait sociologiquement», explique-t-il dans des termes plus techniques. Madjid Tabti suggère, par ailleurs, de remédier à ce type de comportement en faisant preuve de plus de rigueur dans le respect des mesures de lutte contre le virus, comme le port du masque. Néanmoins, dit-il, «il est important de ne pas opérer de la manière forte et ne pas sombrer dans la répression», préconisant la création de brigades sanitaires composées de médecins, notamment, dont la mission serait «de sensibiliser les citoyens sur le terrain et leur expliquer les risques qu'ils encourent». L'intervenant a, en outre, insisté sur l'importance d'instaurer un système d'amendes pour les réfractaires aux règles sanitaires, appuyant toutefois que cela «ne doit aucunement se faire de manière agressive». Interpellant les personnes qui affirment que le Covid-19 est une «création», Madjid Tabti certifie que «ce virus n'est pas une fabrication, il n'a pas de couleur politique», et ajoute «que non seulement il existe, mais aussi, il est mortel».
D'autre part, ce spécialiste a fait remarquer que l'apparition de la pandémie a suscité trois types de réactions au sein de la population. On retrouve ainsi, liste-t-il : la catégorie citée plus haut, à savoir celle qui ne croit pas en l'existence du virus, celle qui se distingue par un stress de performance et qui respecte les mesures barrières et, enfin, celle qui fait dans la surprotection, créant une psychose qui impacte négativement son entourage.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com