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«Le vaccin à défaut de vrai confinement»



L'Expression: Bonjour docteur, comment se présente la situation sanitaire' Les services Covid-19 en général et de réanimation, en particulier, sont-ils débordés'Docteur Réda Adane: C'est une très bonne question. Effectivement, depuis le mois de Ramadhan, on observe une recrudescence de l'épidémie de Covid-19. Ce qui s'est traduit par une certaine tension sur les services dédiés à la prise en charge des patients atteints par ce virus. D'ailleurs, je viens de raccrocher d'avec un confrère qui cherche désespérément une place à l'un de ses proches qui est en attente de son tour à l'hôpital Mustapha Pacha d'Alger. Ils ont fait tous les hôpitaux de la capitale, en vain! Il s'agit là d'une hospitalisation simple pas en soins intensifs. Pour dire donc, la tension qui sévit actuellement au niveau des hôpitaux. Néanmoins, vous devez comprendre que cette tension est quelque peu normale et attendue. Car, le nombre de services dédiés au Covid-19 ont été réduits depuis quelques mois. Avec la stabilité sanitaire qu'on a connue au début de l'année, ils ont retrouvé leur vocation originale. Ce qui a permis la reprise de certaines activités à l'arrêt durant une année. C'est ce qui nous fait ressentir cette tension et ce manque de place.
Doit-on alors remettre ces services à disposition des malades atteints par le coronavirus'
C'est là le grand dilemme! Les malades atteints du coronavirus ont besoin de places. En même temps, l'activité hospitalière normale doit se poursuivre. Il y a des personnes qui ont dû attendre plus d'un an pour se faire opérer car le service qui devait les prendre en charge a été consacré entièrement au Covid-19. Dans l'urgence de la pandémie, c'était la meilleure, peut-être la seule solution. Mais ensuite, comme l'ont préconisé beaucoup de nos confrères, on aurait dû mettre en place des centres spécialisés rien que pour ce virus. La proposition de le faire au niveau de la Safex est pour moi une solution qui aurait permis d'éviter la tension actuelle tout en assurant une continuité de tous les services hospitaliers.
Vous êtes spécialiste en réanimation. Est-il vrai qu'il y a de plus en plus de jeunes admis en soins intensifs'
En général, on a remarqué une augmentation des cas graves. Il est aussi vrai qu'on voit de plus en plus de patients de la tranche d'âge entre 40 et 60 admis en réanimation, et même des plus jeunes. Ce qui n'était pas aussi visible lors des deux premières vagues. Certains imputent cette situation à certains variants. Chose qui ne peut être infirmée ou confirmée que par les épidémiologues de l'institut Pasteur. Par contre, une chose est sûre, avec l'abandon des gestes barrières, il fraudera s'attendre à voir de plus en plus de jeunes en soins intensifs. Particulièrement, ceux présentant de petites comorbidités telles que le surpoids, le diabète ou la tension. Plus il y aura circulation du virus, plus on aura des cas graves dans les différents profils.
Justement, quelle est la proportion de personnes hospitalisées par rapport aux chiffres officiels du ministère de la Santé'
Les chiffres officiels prennent en compte les cas confirmés par tests PCR au niveau des structures de santé publique. La majorité des patients qui s'y rendent et qui subissent ces tests nécessite une hospitalisation. Ils sont donc un baromètre parfait du nombre de personnes hospitalisées.
La suppression du confinement obligatoire aux frontières divise les spécialistes. Qu'en pensez-vous'
Pour moi c'est une question de logique d'abord, avant d'être scientifique. La mesure en elle-même est bonne, mais, s'il s'agissait d'un vrai confinement. Or, actuellement, cela ressemble plus à des vacances forcées avec une population à risques rassemblée dans un même endroit sans qu'il y ait des restrictions de vie communautaire. Les confinés mangent ensemble et se rassemblent dans les parties communes... On risque de transformer ces hôtels en grands clusters de l'épidémie. Si les choses continuent de la même façon, je suis plutôt pour des tests à grande échelle, mais surtout pour l'obligation d'être vacciné pour accéder au territoire national, sans être confiné. Comme sont, d'ailleurs, en train de nous l'exiger les pays européens. Je profite de cette tribune pour appeler mes concitoyens à se faire vacciner. Il faut qu'ils comprennent que le virus est encore avec nous pour de longues années. Ils peuvent éviter la mort grâce à une petite piqûre...
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