Après Alger, une quinzaine de villes auront leur tramway, une formule qui suscite un véritable engouement chez les dirigeants algériens. Cela ne suffit pas pour autant pour régler le problème des transports, ni pour faciliter la circulation, qui devient un handicap pour l'économie algérienne. Les investissements sont énormes dans les secteur : le ministre des transports Amar Tou parle de 40 milliards de dollars.
Le ministre des transports, M. Amar Tou, a exclu l'arrivée de nouvelles compagnies aériennes « pour le moment », mais a annoncé d'importants investissements pour l'achat de nouveaux appareils au profit d'Air Algérie. Seize appareils seront acquis prochainement, a déclaré M. Tou au cours d'une émission de radio. De nouvelles compagnies verront le jour « au moment opportun », a-t-il dit sans plus de précision. L'Algérie n'ira pas non plus à la formule open sky dans l'immédiat, selon M. Tou. Il faut donner le temps à la compagnie Air Algérie de se préparer à cette échéance, a-t-il déclaré.
Comme la plupart des dirigeants algériens, M. Tou a fait une série d'annonces concernant des projets, dont certains sont basés sur des importations massives d'équipements. Il a ainsi déclaré que CNAN (Compagnie algérienne de Navigation), délaissée pendant les années difficiles, sera elle aussi équipée. Vingt à vingt-cinq bateaux de marchandises et deux car-ferries seront acquis, a-t-il, déplorant que seuls trois pour cent des marchandises de ou vers l'Algérie sont transportés à bord de navires algériens. Pour la CNAN, ce sera une « renaissance », a déclaré M. Tou.
Concernant les investissements dans le domaine des transports, M. Tou les a estimés à 40 milliards de dollars pour les cinq prochaines années. Un quart de l'effort sera consacré au chemin de fer, cinq milliards seront réservés aux différents projets de métro et de tramway, et le reste ira aux aéroports, a-t-il dit.
Dans le secteur des chemins de fer, les projets en cours font face à un problème récurrent, celui des expropriations, a déclaré M. Tou. « Nous appréhendons plus les difficultés liées aux opérations d'expropriation que les travaux eux-mêmes », a-t-il déclaré. Dans certaines régions, des tunnels et des viaducs ont été réalisés, mais les procédures d'expropriation n'ont pas encore abouti, a déclaré Mle ministre des transports, qui a lancé un appel à la coopération des citoyens.
Beaucoup de tramways, un seul métro
Ces difficultés risquent de handicaper les projets ambitieux, qui visent à doter l'Algérie de près de 7.000 kilomètres de voie ferrée supplémentaires, alors que l'Algérie disposait de 1.700 kilomètres en 2008 et 4.000 en 2011. A l'heure actuelle, 2.000 kilomètres, dont la voie ferrées des hauts plateaux, de M'Sila, à l'est, à Sidi Bel-Abbès, à l'ouest, sont en cours de réalisation, alors que des études concernent 5.000 kilomètres.
M. Tou a par ailleus exclu que des métros soient réalisés dans d'autres villes d'Algérie, à l'exception peut-être d'Oran, une ville de 1.5 millions d'habitants. Une étude est en cours à ce sujet. Quant à Constantine, troisième ville d'Algérie avec 800.000 habitants, il a déclaré que son relief se prête à d'autre formes de transports, comme le tramway et le téléphérique.
Le tramway de Constantine sera mis en exploitation commerciale à partir du 4 juin prochain, celui d'Oran sera mis à l'essai dès mardi, et son exploitation commerciale devrait commencer en mai.
La formule du tramway est très en vogue en Algérie, depuis le lancement de celui d'Alger, qui devrait connaitre d'importantes extensions, jusqu'à Dergana, à l'est, et Draria, au sud-ouest. A terme, les villes les plus importantes, comme Annaba, Sétif, Batna, dans l'est, Sidi Bel-Abbès et Mostaganem, Ouargla, dans le sud, auront le tramway, qui en sont au stade de l'étude ou des appels d'offre. Huit autres villes pourraient être également concernées, selon les résultats des études d'intérêt enc cours, parmi lesquelles Blida, Tébessa, Bejaia, Djelfa, Béchar et Tlemcen.
M. Tou a par ailleurs indiqué que l'aéroport international d'Alger sera lui aussi étendu, pour accueilli, à terme, 16 millions de voyageurs par an, contre six millions actuellement. Il a toutefois déploré que les entreprises algériennes soient peu présentes dans ces chantiers. Pour l'extension du métro d'Alger, la partie relative au creusement des tunnels pourrait être confiée à des entreprises algériennes, pilotées par Cosider, mais pour le reste, la partie électronique et équipements, seules de grandes compagnies internationales maitrisent la technologie nécessaire, a-t-il dit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aïssa Bouziane
Source : www.maghrebemergent.info