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Le train ne sifflera pas de sitôt...



Le train ne sifflera pas de sitôt...
L'idée de la construction du Grand Maghreb, rêvée par les peuples de la région, aurait pu connaître un début de concrétisation avec la mise en service de la ligne ferroviaire Alger/Tunis.Ce qui ne sera pas le cas au regard du démenti formel exprimé sur les ondes de la radio tunisienne « Mosaïque FM » dans la matinée de ce dernier jeudi. Interviewé par l'animatrice de cette radio sur l'ouverture dès la semaine prochaine de la ligne ferroviaire Alger/Tunis, un cadre supérieur de la direction générale de la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT) a été on ne peut plus clair : «contrairement à ce qui a été annoncé par la presse, rien n'est encore prêt. Il y a encore des difficultés politiques et techniques à aplanir. Je ne peux rien dire de plus ». L'animatrice a bien insisté pour en savoir plus, mais vainement. Ce cadre paraissait avoir été instruit de dire, sans autre détail, que le train Tunis/Alger ne sifflera pas de sitôt. Les observateurs ont affirmé que la Tunisie s'est retrouvée otage de plusieurs engagements contractuels signés fin 2010. Y figure en bonne place celui incluant le gel de la réalisation de la ligne ferroviaire Alger/Tunis. Entre autres contreparties accordées à la Tunisie, le don d'un montant de 23 MDND (12 M?) apporté par la Commission européenne, de la Banque européenne d'investissement (BEI), l'agence française du développement (AFD) et la banque de développement allemande (KFW). S'y ajoute l'accord signé en février 2013 par la société du Réseau ferroviaire rapide de Tunis (RFR) et le consortium mené par Colas Rail, avec Siemens Tunisie et Somatra Get pour relancer la réalisation du RFR de Tunis" en 36 mois. Cet accord permet à la Tunisie de bénéficier de financements de l'Agence française de développement (AFD) et de l'Union européenne. C'est dire, que les arguments avancés par le N°2 de la SNCFT sont politiques. C'est donc aux archives que devrait finir le projet algéro tunisien de construction d'une ligne ferroviaire Alger/Tunis. Et pourtant, ce projet de grande envergure a pour objectif de contribuer au développement de cette région d'Afrique du Nord. Une démarche similaire a été mise en pratique par l'Algérie. Elle a chargé plusieurs entreprises dont Infrarail de prendre en charge la gestion de 3000 km de voie ferrée. Le rejet tacite du projet par le gouvernement tunisien a surpris son homologue algérien. D'autant qu'il avait fait l'objet d'un accord-cadre entre les deux pays. Côté algérien, l'on avait aussi investi 20 milliards de dollars dès 2011 pour réhabiliter 3000 km de voie ferrée traversant d'Est en Ouest le pays et de renforcer les ouvrages d'art. Cette démarche répondait à la perspective de l'ouverture d'une ligne ferroviaire reliant tous les pays du Maghreb à commencer par celui Tunis/Alger. Ce qui devait augmenter la capacité de charge pour faire face aux besoins croissants de transport de marchandises et de voyageurs. Investissement aussi pour la rénovation des bâtiments et des ateliers de maintenance, de modernisation des équipements de télécommunication et de signalisation. Ce faisant, les deux états avaient à unir leurs efforts pour contribuer à la construction d'un instrument essentiel à l'intégration maghrébine. Il faut dire que réhabilitée et modernisée, cette ligne de chemin de fer Alger/Tunis aurait selon nos mêmes interlocuteurs, constitué, pour les pays maghrébins un outil privilégié d'accès pour l'acheminement, en toute sécurité et avec les meilleurs temps de transit, de leurs produits en import comme en export. En plus de ces investissements, l'Algérie a procédé au renouvellement et au développement du matériel de transport ferroviaire comme les locomotives, les wagons et les engins de man?uvre de dernière génération. Ces moyens de forte capacité étaient appelés à renforcer l'offre de traction à même de répondre à la demande de transport du fret en termes de marchandises générales et autres produits miniers et sidérurgiques, avec un potentiel de transport quotidien de milliers de tonnes. Par ailleurs, la ligne Alger-Tunis qui fait partie intégrante de la boucle ferroviaire, constitue un maillon essentiel des échanges économiques entre les deux pays. Autre bienfait attendu, celui de l'amélioration de la qualité des infrastructures de transport des voyageurs dans des conditions optimales de confort et de sécurité. Tous ces travaux de réhabilitation, modernisation et rénovation de la voie ferrée reliant les deux capitales ont démarré aussitôt matérialisé l'accord-cadre entre les gouvernements des deux pays. Il a été convenu qu'en 2017 la SNTF du côté algérien et la SNTFT côté tunisien soient en mesure d'offrir aux voyageurs des deux pays et aux clients de fret une capacité de transport très importante avec un temps de parcours intéressant. C'est dire tout le préjudice commis au détriment des peuples maghrébins par la mise au frigo du projet ligne ferroviaire Alger/Tunis.
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