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Le trafic de carburant aux frontières algériennes «normalisé», selon la fédération des consommateurs



Le trafic de carburant aux frontières algériennes «normalisé», selon la fédération des consommateurs
Pénurie de carburant aux frontières, craintes d'une flambée des prix à l'approche du ramadhan : les associations de consommateurs s'inquiètentLa crise du carburant en Algérie est nourrie par la contrebande aux frontières est et ouest du pays, selon la fédération nationale des consommateurs, qui s'inquiète du fait que ce trafic est en train d'être normalisé. « Le trafic de carburant aux frontières se fait au vu et au su de tout le monde, a déclaré dimanche M. Mustapha Zebdi, vice-président de la fédération nationale des consommateurs. Intervenant au forum du quotidien El-Moudjahid, M. Zebdi a indiqué que dans les régions frontalières avec la Tunisie, le carburant est versé dans des bâches à eau et vendu aux contrebandiers, constats relevés à Bir el Ater et El Ouenza par les membres des associations locales des consommateurs affiliées à la fédération nationale.
Le représentant de la fédération des consommateurs, qui compte 25 représentations à travers le pays, ajoute que le trafic a atteint une ampleur telle que « les contrebandiers roulent avec des véhicules dépourvus d'immatriculation ». « En Tunisie, le carburant algérien est vendu dans une fourchette de 50 à 60 DA le litre », témoigne M. Zebdi. Au niveau des frontières ouest avec le Maroc, la fédération affirme ne pas disposer d'informations précises sur l'ampleur du trafic en raison de l'absence de représentations locales. Comme mesures pouvant aider à résorber cette crise, la fédération préconise l'ouverture à la concurrence des stations d'essence actuellement sous le monopole de Naftal.
Flambée des prix
De son côté, M. Zaki Harizi président de la fédération nationale des consommateurs, s'est inquiété de la flambée des prix touchant les viandes blanches, notamment le poulet dont le prix a atteint 360 dinars, à l'approche du Ramadhan. Le poulet a connu ces derniers jours une flambée inexpliquée, en dépit des assurances des unions professionnelles et des autorités sur sa disponibilité, à des prix abordables. En vue de faire face à la forte demande sur les viandes blanches durant le mois de Ramadhan, le ministre de l'Agriculture, M. Rachid Benaissa, a déclaré qu'un dispositif a été mis en place pour maintenir les prix à un niveau abordable. Il a annoncé que des quantités importantes de poulets congelés seront mises sur le marché juste avant le mois sacré. Dénonçant un décalage patent entre le discours officiel et la réalité du marché, M. Harizi a exhorté les pouvoirs publics à élaborer des cahiers des charges pour les soumettre aux producteurs « de telle sorte, dit-il, que les consommateurs puissent bénéficier des subventions allouées par l'Etat ». Selon lui, le discours officiel a perdu toute crédibilité auprès du citoyen.
Responsabilité du citoyen
Le président de la fédération des consommateurs appelle le gouvernement à combattre les spéculateurs et les intermédiaires qui sont, selon lui, à l'origine de la flambée des prix. Il dénonce, en outre, une surmédiatisation, à coups de sports publicitaires de la part des producteurs et opérateurs économiques, participant ainsi à la frénésie qui s'empare des consommateurs à l'approche de fêtes religieuses, comme le mois de carême. La fédération de consommateurs estime toutefois que le consommateur, pour autant qu'il soit victime, ne reste pas moins responsable de ce qui lui arrive. Elle invite par conséquent les citoyens à plus de rationalité dans leurs dépenses, surtout pour les produits alimentaires.
Regrettant les entraves administratives et institutionnelles qui brident sa mission d'information et de sensibilisation, la fédération déplore le peu d'empressement des ministères et des élus, en particulier les parlementaires, quant à répondre à leurs sollicitations malgré l'insistance dont elle fait preuve. Au niveau régional, la fédération a plaidé pour l'émergence d'un pôle commercial inter maghrébin, d'autant plus que « les potentialités existent ».
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