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Le théâtre algérien: A la recherche du bon vieux temps



Même si les professionnels du quatrième art s'abstiennent de parler de véritable "mouvement" théâtral, le théâtre algérien tente toujours de retrouver sa gloire passée et rompre à jamais avec ses années de tâtonnements. Après la décennie noire qui l'a plongé dans le marasme, le théâtre algérien est entré dans une période de transition qui promet des lendemains meilleurs, estiment les spécialistes du théâtre qui misent en cela sur la floraison de jeunes talents. Pour eux, il est tout à fait clair que le théâtre algérien connaît aujourd'hui un essor avec l'émergence d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes de théâtre au talent avéré malgré une formation et un encadrement insuffisants. Ces jeunes talents issus de l'Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l'audiovisuel d'Alger, des théâtres amateurs ou encore des coopératives théâtrales permettent un certain optimisme. L'audace dont font montre ces jeunes en s'attaquant sans complexe au répertoire mondial, notamment la tragédie et le théâtre de l'absurde, est de bon augure pour l'avenir du théâtre dans notre pays, estiment-ils. Evoquant le développement de la production théâtrale, les critiques du théâtre précisent que le soutien de l'Etat aux divers projets initiés dans ce secteur y est pour beaucoup dans l'émergence de nouveaux talents qui apportent un regard neuf, notamment sur les plans esthétique et culturel. Même si le théâtre algérien d'après l'Indépendance a su s'imposer, notamment dans les années 70 et 80, grâce à des monuments tels Mustapha Kateb, Abderrahmane Kaki, Kateb Yacine, Abdelkader Alloula, Azzedine Medjoubi, qui lui ont donné ses lettres de noblesse, sans oublier les pionniers Mahieddine Bachtarzi, Mohamed Touri et Allalou, ce ne fut pas sans peine et des problèmes qui subsistent à ce jour. Pour les spécialistes, le théâtre algérien souffre moins d'une "crise de texte" ou "de public" que d'une crise de politique théâtrale. Le secteur ne dispose pas d'une politique à part entière à même de le porter, de le promouvoir et, surtout, d'encourager les gens du métier, notamment les jeunes, estiment-ils. Afin de pallier ce problème, ils préconisent d'imprimer une dynamique au mouvement théâtral à travers une synergie entre la télévision algérienne, les propriétaires de salles de théâtre et les créateurs pour drainer le public. Ces spécialises plaident en outre pour la prise en charge "culturelle" des élèves dans les écoles algériennes dès le primaire, en leur inculquant l'amour des arts en général et du théâtre en particulier. Ils déplorent aussi l'absence d'une critique théâtrale efficiente et objective. Selon eux, celle-ci se limite aux tentatives de journalistes non spécialisés ou de jeunes de l'Institut supérieur de théâtre qui se contentent de produire les fiches techniques des différentes pièces théâtrales. Autre problème auquel se heurte le quatrième art en Algérie, l'absence de public que les spécialistes imputent aux thèmes des pièces théâtrales. "Les auteurs dramatiques actuels ne sont pas au diapason de la réalité de la société actuelle. Ils sont confinés dans le théâtre "officiel" dont les textes ne correspondent pas à la réalité". Par ailleurs, le choix linguistique dans le théâtre algérien peut poser problème. Plusieurs spécialistes du quatrième art estiment que la langue revêt une importance primordiale dans le théâtre et vont jusqu'à dire que si elle n'est pas choisie avec minutie, elle risque de provoquer une rupture entre le comédien et le public. D'autres considèrent, au contraire, que la langue n'est pas aussi importante dans le théâtre contemporain et que ce problème ne se pose pas puisque le théâtre contemporain est une langue universelle où le langage corporel, le jeu scénique, le décor et l'éclairage fusionnent pour donner vie à des tableaux véhiculant des messages et où le dialogue importe peu. "A l'époque, les comédiens Algériens ont été les premiers à utiliser la langue dialectale pour pouvoir accéder au public qui ne comprenait pas la langue classique", concluent-ils.
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