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Le terrorisme d'hier et d'aujourd'hui



Le terrorisme d'hier et d'aujourd'hui
Lorsqu'en 1992, une bombe fit des ravages à l'aéroport d'Alger, rares furent les pays qui condamnèrent cet attentat terroriste horrible et encore plus rares furent les déclarations qui ciblèrent le terrorisme djihadiste comme c'est le cas aujourd'hui, à la faveur de l'acte qui a ébranlé l'aéroport de Bruxelles, suscitant l'indignation internationale.On découvre maintenant l'existence d'un monstre capable des pires atrocités, Daech, alors que pareil monstre existait déjà il y a un quart de siècle, le GIA, enfournant des bébés, éventrant des femmes enceintes et égorgeant les habitants de villages entiers. Bien que timidement, on s'aperçoit de nos jours que le wahhabisme ainsi que la diplomatie de certains Etats arabes sont la source d'inspiration de Daech, ce qui était une évidence durant la décennie 1990 pour la mouvance terroriste algérienne et le terreau intégriste, dont le FIS fut le principal représentant.Il est vrai qu'à l'époque, le monde entier était aligné sur «la vérité» dite par la France officielle incarnée alors par le régime mitterrandien. Pour ce dernier, il y avait deux protagonistes en Algérie : le pouvoir d'inspiration militaire putschiste et une opposition armée, frustrée d'une victoire électorale. En apportant son soutien à cette dernière, il saisissait là une chance d'assener un autre coup à la classe politique algérienne globalement FLN, après l'avoir combattue durant la Guerre de Libération, notamment en cautionnant les condamnations à mort de moudjahidine. Il développa le concept du «qui tue qui '» qui fit florès au sein de la classe politique française et parmi la société civile de ce pays, un concept qui s'exporta en Algérie même.Sur l'autel d'une revanche historique, Mitterrand sacrifia toute une nation, la livrant à des barbares fanatisés égorgeurs, trois décennies seulement après qu'elle eut échappé, avec un incommensurable sacrifice, à l'armada militaire coloniale. Aveuglées, la plupart des capitales occidentales, voire internationales, suivirent la France dans sa stratégie d'étouffement du pays durant les années 1990. Le boycott était la règle.Les Algériens ont été laissés seuls face à la terreur terroriste globale qui fit 200 000 morts, des millions de déplacés et une population traumatisée à vie. L'Algérie ne s'en sortit que par la résistance populaire et l'implication des services de sécurité, ces derniers injustement diabolisés alors qu'ils sont honorés à Paris, Bruxelles, Londres ou Madrid, des villes touchées par le terrorisme.On a fini par reconnaître la réalité de ce qui s'est passé en Algérie durant les années 1990 et l'on parle même d'«expérience algérienne» à suivre en matière de lutte contre le terrorisme, mais bien timidement : les actes terroristes toujours en cours dans notre pays sont très peu médiatisés comparativement à ceux enregistrés dans les pays occidentaux et certains Etats du tiers-monde ciblés par les groupes djihadistes. Au-delà de la tenace méfiance historique à l'égard de l'Algérie, il y a une vision qui persiste surtout en Occident : c'est davantage l'hémisphère nord de la planète qui est visé par le terrorisme et cela en raison de son caractère démocratique et laïc.La réalité est tout autre, les premiers à souffrir de Daech, d'Al Qaîda et autres groupes terroristes, ce sont les musulmans eux-mêmes. La Syrie, l'Irak, le Yémen, la Libye, la Tunisie et d'autres subissent ce qu'a enduré l'Algérie. Cela indique que le problème du terrorisme a ses racines d'abord dans ce monde arabo-musulman. Des racines idéologiques, politiques, socioéconomiques et fondamentalement l'arriération dans le développement et la modernité.


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