
«Sur 5 km je n'ai pas cessé de marcher sur des cadavres», témoigne un NigérianD'abord, il y a cette menace grandissante de l'Etat islamique qui progresse de semaine en semaine et tente de se répandre à partir de la Libye où ses forces ont désormais pris fortement racine.La 9ème Réunion des Points focaux du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (Caert), ouverte hier à Alger, va se pencher trois jours durant sur la situation qui prévaut dans le continent en matière de terrorisme et devrait s'achever par une somme de propositions susceptibles de conforter la lutte contre une menace de plus en plus dramatique. Organisée conjointement par le Caert et le Comité des Services de renseignement et de sécurité (Cissa) dans le cadre de l'Union africaine, cette rencontre revêt une dimension particulière tant par la qualité des participants que par les enjeux qu'ils auront à examiner. En effet, ce sont tous les points focaux nationaux et régionaux en charge de la lutte antiterroriste des deux organismes qui sont à l'oeuvre dans cette neuvième édition dont l'opportunité est rendue criarde par un certain nombre de contingences.D'abord, il y a cette menace grandissante de l'Etat islamique qui progresse de semaine en semaine et tente de se répandre à partir de la Libye où ses forces ont désormais pris fortement racine. Cela, en ce qui concerne le Maghreb. Mais le danger n'est pas limité à cette seule présence. Dans le Sahel, Aqmi, une excroissance d'Al Qaîda, essaime aussi bien au Mali où ses groupes armés sévissent dans le nord du pays (Azawed) qu'au Niger et, accessoirement, en Mauritanie où ses éléments tentent, de temps à autre, des opérations plus ou moins liées aux activités criminelles comme la contrebande des armes et le trafic de drogue. Par-delà le Niger et le lac Tchad, c'est-à-dire au Cameroun et au Nigéria, la menace a pour nom Boko Haram, un mouvement initialement insurrectionnel, puis terroriste originaire du nord-est du Nigeria, dont l'idéologie salafiste rejoint celle de Daesh puisqu'il a pour but d'instaurer le Califat et d'imposer la chariaâ. D'abord baptisé, en 2002, Groupe sunnite pour la prédication et le djihad, Boko Haram a été fondé par Mohamed Yusuf à Maiduguri, et après avoir revendiqué son appartenance aux taliban de l'Afghanistan, il s'est rallié à Al Qaîda et, depuis 2014, à l'Etat islamique. Après la mort de Mohamed Yusuf en 2009, il est dirigé par Abubakar Shekau prétendument calife d'Al Sudan al gharbi ou encore Etat islamique de l'Afrique de l'Ouest. Enfin, se trouve en Somalie le groupe des Chebab, créé en 2006 par l'aile dure de l'Union des Tribunaux islamiques et dont l'idéologie salafiste s'est rapidement imposée à toutes les autres sections. Aussi radical que Boko Haram, ce groupe est en concurrence féroce avec le Hizb al Islami qu'il tente de phagocyter, fort de ses 5000 combattants totalement endoctrinés et dont un grand nombre a fait ses armes en Afghanistan. C'est là, de façon succincte, le programme de la 9ème réunion à Alger des points focaux du Caert et du Cissa qui vont devoir inventorier en l'actualisant chacune de ces menaces endémiques et proposer les ripostes à mettre en oeuvre pour éradiquer un fléau devenu lourd de conséquences pour une bonne partie du continent africain. L'expérience algérienne en cette matière servira sans doute autant à la réflexion qu'à la proposition d'une somme d'initiatives très attendues par les pays confrontés en première ligne à ce danger en gestation perpétuelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com