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Le temps passe et les problèmes s'entassent



Le temps passe et les problèmes s'entassent
Au fil des ans, cet endroit, qui devait être paradisiaque, s'est transformé en décharge publique.A son ouverture en 1982, le parc zoologique et d'attraction de Ben Aknoun représentait le lieu d'évasion par excellence pour les Algérois, ainsi que le reste de la populace qui venait des quatre coins du pays. La grande roue, le bateau pirate ainsi que le train qui parcourait les 50 ha faisaient le bonheur de toutes les tranches d'âge.Cette zone aussi vaste qu'une petite ville offrait de nombreuses commodités inédites à cette époque. Deux hôtels ont été construits, à savoir le Mouflon d'or et la villa Moncada, entourés tous deux d'une végétation luxuriante. C'était l'âge d'or pour une jeunesse qui commençait à découvrir des plaisirs méconnus auparavant.Au fil des ans, cet endroit qui devait être féerique a vite perdu de sa prestance, pis encore, la dégradation rapide et le manque d'entretien sont visibles. Après plusieurs décennies d'activité, le côté attraction a perdu de son attractivité. Le train qui autrefois embarquait à son bord des centaines de visiteurs chaque jour n'existe plus. Seuls les rails se démarquent comme un vestige d'une époque lointaine.A l'intérieur du parc, les attractions sont à l'arrêt, parfois en panne, parfois en réparation ou bien même l'opérateur n'est pas présent pour pousser un levier et un bouton. Egalement des stands de jeu sont présents mais n'ouvrent que rarement. «C'est une véritable arnaque pour ceux qui font preuve d'audace et qui veulent gagner le gros lot», dit Fouzi. Tout en marchant à l'intérieur, on se rend compte du manque total de sérieux en ce qui concerne la gérance du parc. Les déchets sont partout, les espaces verts sont rongés par les mauvaises herbes.Cette anarchie et ce manque d'entretien ont créé de véritables chemins de travers qui conduisent vers des lieux insoupçonnés. On trouve des bouteilles d'alcool jetées partout, des sacs en plastique, mais le plus choquant ce sont ces jeunes filles qui n'hésitent pas à se prostituer. Avec leur présence des jeunes viennent profiter de la situation, mais parfois pour commettre des agressions en bande n'hésitant pas à user d'armes blanches.A travers ces bois, on trouve aussi des vestiges de vieux manèges décrépis. Le seul point positif qui a été relevé est la présence constante de jeunes en tenue de sport en train de s'adonner à leurs activités physiques préférées. «La végétation à l'intérieur du parc est variée et les sentiers battus aussi, de ce fait nous profitons de ce cadre pour courir», nous apprend Abdelghani.Mais notre interlocuteur nous a également fait part de l'état du parc qui s'aggrave depuis quelques années maintenant. «Depuis le début des années 2000, cet endroit a perdu de sa prestance, ce n'est plus le parc des années 1980 et 90. J'ai vu ce parc sortir de terre et aujourd'hui je le vois s'enfoncer à nouveau perdant toute crédibilité à nos yeux», a-t-il affirmé.Ce dernier argumente en mentionnant les fléaux qui touchent cette génération comme la drogue, l'alcool et la mauvaise fréquentation. Le côté zoologique, plus connu sous le nom de Village africain, dont l'accès se trouve du côté de Ben Aknoun, a, quant à lui, une autre histoire. Il n'y a pas si longtemps, des jeunes hippies du XXIe siècle se sont battus pour la cause animale, dénonçant les mauvais traitements que subissent les animaux qui résident à l'intérieur du parc. Le scandale avait éclaté et de nombreuses chaînes de télé ainsi que des journaux se sont emparés de l'affaire pour soutenir la cause de ces jeunes.L'ancien directeur, aujourd'hui mis aux oubliettes, Abdelkader Raho, qui avait été, par le passé, directeur du Jardin d'essai d'El Hamma, avait essayé de rattraper le coup aux yeux des journalistes en organisant une rencontre avec ces jeunes, mais ce dernier n'est pas à son poste. Nous avons cherché des explications et selon un interlocuteur à la direction du parc, l'ancien directeur aurait été remercié et selon la même source, le nouveau directeur en fonction depuis quelques mois déjà n'a pas encore fait ses preuves.Quoi qu'il en soit «le parc est en perdition et les choses ne vont pas s'arranger de sitôt», nous dit notre interlocuteur. Pour le Disney World façon algérienne, le seul moment où il revit est pendant les nombreuses excursions scolaires. De nombreuses têtes blondes et surtout brunes arrivent des régions oubliées du pays espérant trouver une forme d'extase. Pour certains c'est le cas et pour d'autres c'est la déception, surtout quand on est adolescent. La seconde période de renaissance est pendant la fête de l'Aïd El Fitr.A ce moment-là, tout Alger semble se donner rend-vous au même endroit et au même moment. Les quelques attractions sont bondées de monde, les resquilleurs font le mur, s'accrochent au barbelé, les voleurs essayent de taxer ce qu'ils peuvent, en marchant en groupe pour éviter de se faire agresser à leur tour s'ils sont seuls. Un véritable carnaval dans un parc qui n'a pas connu le sien. Pendant ce jour, les rentrées d'argent sont importantes et le chiffre d'affaires grimpe en flèche mais l'inverse se produit quelques jours après pour arriver à une monotonie certaine pendant toute une année.
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