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Le témoignage détaillé du commandant Azzedine



60 ans se sont écoulés depuis la création de l'état-major de l'Armée de libération nationale (ALN), qui constituait, alors, le bras armé du Front de libération nationale (FLN). Pour marquer l'anniversaire de sa fondation, le Forum d'El Moudjahid a donné, hier, mercredi, la parole à l'un des membres qui ont composé cette structure pendant la guerre de libération, à savoir Rabah Zerari dont le nom de guerre était le commandant Azzedine.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - En entamant son témoignage, Rabah Zerari a d'abord exprimé son regret quant au fait qu'il y ait si peu d'écrits sur l'histoire de la création de l'état-major de l'ALN. Il déplore ainsi que les récits développés dans ce sens « omettent » volontairement ou pas de citer certains volets, pourtant intrinsèquement liés à l'histoire de l'ALN.
Tentant de resituer les choses dans leur contexte, le commandant Azzedine fait savoir qu'à mesure que « les Algériens interrogent leur histoire ,et particulièrement celle qui traite de la guerre de Libération nationale, surgissent des questionnements », soulignant, par conséquent, qu'il en est ainsi de la création de l'état-major de l'ALN. Il dit justement que « ce n'est pas tant la pertinence de sa création qui suscite des interrogations, mais l'opportunité de sa fondation».
Il explique, par là, que, cependant, «des frémissements, certes encore timides et imprécis, annonçaient l'entrée en guerre qui nous avait été imposée par la France colonialiste».
Faisant une petite rétrospective de l'histoire, Rabah Zerari remonte en janvier 1960, une période, appuie-t-il, «marquée, depuis six ans, par l'une des guerres les plus violentes qu'a eu à connaître le XXe siècle».
L'ALN, qui fut fondée en 1954, se dotait, «sous l'autorité du GPRA et pour la première fois d'une direction unifiée». S'arrêtant sur ce point, il se demande « pourquoi avoir mis autant de temps pour doter l'Armée de libération d'un dispositif de guerre commun à toutes les armées et ce, quelle que soit leur importance numérique ». Dans ce sillage, « en 1954, les animateurs du Crua, devenu Front de libération nationale, se lançaient dans le plus formidable défi de notre histoire moderne. Ils étaient contraints par l'urgence qui leur était imposée de passer à l'action par plusieurs facteurs».
Dépeignant certains événements liés au déroulement de la guerre, il dira d'emblée : «C'est la détermination des hommes qui écrit l'Histoire et qui en force le cours.» Ajoutant dans son discours que «les novembristes, animés par leur seule volonté, avaient entrepris de décrocher la lune avec une perche et une échelle». Et de poursuivre : «C'est le fusil de chasse qui a eu raison des chars et des B26.»
Rabah Zerari se remémore «le fusil de chasse entre les mains de Si Lakhdar, armé de sa foi ,affrontait la France et l'Otan». Pour lui, «c'était ça l'Armée de libération. Un djoundi plus un fusil, plus un djoundi, plus un fusil, le tout imprégné de l'insolente espérance de la jeunesse».
S'attardant sur le travail effectué par les membres de l'ALN pour arracher la population à sa peur du colonisateur, de l'organiser et lui donner le courage qu'il faut pour affronter l'ennemi, il dira que, voyant la nécessité, «un travail de formation politico-militaire et d'organisation des déchras s'imposait de lui-même et allait être engagé».
Par conséquent, il mettra l'accent sur la difficulté rencontrée dans la mise en place de ce processus, faisant savoir qu'à ce stade-là, «le réseau des agents de liaison n'était encore que balbutiant et les transmissions inexistantes». Difficile donc d'être au courant de ce qui se passait dans d'autres régions, si ce n'était la radio (transistor) qu'émettait la France. Toujours est-il que cela permettait à chacune des wilayas d'avoir des échos plus ou moins fidèles à la réalité du terrain. A la fin de son discours, Rabah Zerari a déclaré qu'aujourd'hui, «il ne reste plus grand-chose de l'ALN comme au temps de sa création».
M. Z.
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