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Le syndicat des pharmaciens exige des mesures de protection



Une pharmacienne a failli être brûlée vive à l'intérieur même de son officine. Cela s'est passé à Ouenza, dans la wilaya de Tébessa. Un délinquant voulant à tout prix acheter des psychotropes a tout simplement incendié la pharmacie, suite au refus de la pharmacienne de le servir. Sous le choc, le Syndicat national des pharmaciens d'officine (Snapo) s'étonne du silence des responsables du secteur de la santé et appelle à la promulgation «en urgence» de textes pouvant réglementer la vente de ces produits tout en assurant la protection de la corporation.Nawal Imés - Alger (Le Soir) - Ce qui s'est passé à Tébessa est tout simplement
hallucinant : un délinquant à qui une pharmacienne a refusé de vendre des psychotropes a tout simplement allumé le feu à la pharmacie alors que la pharmacienne se trouvait à l'intérieur.
La victime a heureusement eu la vie sauve mais l'incendie lui a tout de même causé des brûlures au niveau des membres inférieurs. Choqué par «cet acte odieux», le Snapo tout en exprimant son intention d'accompagner la victime sur tous les plans estime que «cet incident grave porte atteinte à toute la profession et à tous les pharmaciens, vient encore rappeler la triste réalité dans laquelle exercent les pharmaciens d'officine».
Le syndicat estime en effet que «ces agressions quotidiennes, de différents degrés, qui vont du verbal jusqu'à la destruction des biens et des aménagements, agressions physiques et à l'arme blanche, et pouvant arriver jusqu'aux assassinats, ne doivent plus bénéficier de l'impunité ni de la passivité que nous constatons avec regret et amertume».
Le représentant des pharmaciens d'officine s'étonne d'ailleurs qu'«aucun geste, aucune réaction ni condamnation de cet acte, n'est venu de la part de nos responsables du secteur de la santé. C'est à croire que la vie d'un professionnel de la santé exerçant au service des citoyens n'a aucune valeur ; et que nous devons continuer à accepter que ce genre d'agressions viennent mettre en danger nos vies, celles de nos employés et de nos familles».
Il rappelle qu'il avait longtemps dénoncé les conditions liées à leur sécurité dans lesquelles exercent les pharmaciens et qu'il était temps que des mesures «concrètes et particulières» soient prises, «de toute urgence, pour protéger les pharmaciens et garantir leur sécurité».
Evoquant le nouveau décret, portant organisation de la gestion des produits psychotropes, le Snapo exige que «des arrêtés ministériels soient élaborés et publiés en urgence, notamment les arrêtés portant classifications des psychotropes et de leurs assimilés» Il demande également que «l'arrêté installant les comités locaux et le comité national de lutte contre la toxicomanie, comme le prévoit le décret 21-196 modifiant le décret exécutif 19-379, soit élaboré en urgence et sans attendre» tout en dénonçant le fait que «de nombreux textes d'application ne voient jamais le jour, sinon excessivement tard. Ces textes d'application peuvent jouer un rôle primordial dans la protection des citoyens contre la toxicomanie, aider les services de sécurité à mieux accomplir leurs missions et lutter contre la délinquance, et garantir aux professionnels de la santé d'exercer dans la sérénité et la sécurité».
Autre exigence du syndicat, l'adoption «rapide» du projet modifiant la loi 04-18 «car il contient de nouvelles mesures importantes et innovantes dans la lutte contre le trafic des psychotropes et le phénomène de la toxicomanie». C'est un véritable appel qui est lancé au président de la République et au Premier ministre, pour «donner des instructions à tous les ministères concernés, pour que chacun en ce qui le concerne, prenne les mesures qu'il faut, afin de mettre fin à tous les problèmes rencontrés régulièrement et de manière répétée, dans le domaine des psychotropes» car, conclut le Snapo, «la situation est grave, les pharmaciens d'officine exercent sous la menace et craignent réellement pour leurs vies».
N. I.
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