Alger

Le sport algérien otage de luttes intestines et intéressées Instances paralysées et tutelle bureaucratisée



Le sport algérien otage de luttes intestines et intéressées Instances paralysées et tutelle bureaucratisée
Par Kamel Amghar
Les conflits internes, qui affectent continûment la quasi-totalité des instances sportives, pénalisent énormément les athlètes et les techniciens. Ils sont, pour ainsi dire, le maillon faible et les seules victimes de ces dysfonctionnements chroniques. Au lieu d uvrer à la
promotion du sport, les responsables des fédérations nationales et des ligues régionales sont constamment absorbés par leurs propres chicanes byzantines. Ce phénomène ne se limite pas uniquement à ces appareils, il se propage aussi aux ligues de proximité, aux associations d'amateurs et aux clubs professionnels. Cela dure depuis des années. Au sein de chaque club, on entend souvent parler de «clan aux commandes», d' «opposition», de «contre-pouvoir», de «pression du public» et de «recours à la rue». Un jargon politique, voire insurrectionnel, que même la presse a fini par adopter. Quelques soient les résultats obtenus par l'équipe en exercice, l' «opposition» trouve toujours à redire et bénéficie d'un traitement particulier dans les colonnes des journaux dits spécialisés. Tout ce beau monde s'inflige d'incroyables misères et ne se gêne pas de se donner ainsi en spectacle pour mettre la main sur la trésorerie et les affaires du club ou de l'association. On doit le dire d'emblée, l'argent des subventions publiques et des sponsors donne le tournis aux prétendants à la présidence. Au niveau des fédérations, le «jeu» se corse davantage. On s' accroche aux détails réglementaires les plus insignifiants pour appeler les dirigeants des instances internationales à la rescousse. Ces derniers font feu de tout bois pour installer leur «préféré» avec au bout du compte le même opportunisme au renforcement de leur camp lors des échéances électives futures. Illustration : Quand le patron de la Fédération internationale de handball (IHF), l'Egyptien Mustapha Fahmi, défend ouvertement la candidature de Djaâfar
Ait Mouhoub contre celle d'Aziz Derouaz au sein de la Fahb, il pense d'abord à sa propre réélection au moment venu. En plus de ces blocages réguliers dans la gestion quotidienne, les sportifs, les formateurs et les encadreurs doivent aussi faire face au manque d'infrastructures et d'équipements sportifs. Dans toutes les villes d'Algérie, toutes les formations ont du mal à obtenir des créneaux d'entraînement normaux.
Les espaces disponibles ne suffisent manifestement pas au nombre croissant de clubs et de pratiquants. Pour faire face à ce déficit, les petites catégories sont partout sacrifiées au profit des équipes premières. A longue, cette échappatoire empêche l'émergence d'une nouvelle relève. A ce niveau, c'est la tutelle qui a visiblement failli. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, et les collectivités locales doivent plancher sérieusement sur ce problème pour répondre à la demande et encourager la mise en place de nouvelles structures. Dans un premier temps, la promesse faite aux clubs professionnels, concernant l'octroi d'un lot de terrain pour l'aménagement d'un centre d'entraînement et de formation, devrait être concrétisée afin de réduire, un tant soit peu, cette pression. Quand par «malheur» un athlète réussi un pari international, tout cette faune pointe au rendez-vous pour tirer les dividendes de cet exploit «inespéré».
Sans trop s'attarder, on doit dire que les sportifs et les staffs techniques font les frais de la mauvaise gestion des instances et des formations sportives, et aussi des lenteurs bureaucratiques des autorités de tutelle. C'est à ces deux niveaux-là qu'il convient de donner un grand coup de pied dans la fourmilière afin de redynamiser le secteur.
K. A.
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