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Le spectre des armes libyennes



Le spectre des armes libyennes
Il y a toutes les raisons de s'inquiéter devant la prolifération des armes après, d'abord, les conflits qui ont touché l'Afrique de l'Ouest puis, tout récemment, celui qui a embrasé la Libye, ces armes qui viennent au Sahel sont, pour certaines, entre les mains d'Aqmi, estime José Caitano Madera, directeur du CAERT (Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme), dans un entretien accordé à la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l'invité de la rédaction.
Il fait remarquer qu'il est difficile de connaître la quantité d'armes qui viennent de Libye, c'est un grand défi, à moins d'avoir des documents officiels libyens qui le prouvent. Une chose est certaine, dit-il, les armes de la Libye circulent. Ces armes qui sont tombées aux mains d'Aqmi ont été retrouvées jusqu'en Somalie, dit-il. Quand le gouvernement libyen sera formé, on pourra travailler pour connaître la situation de ces armes, ajoute-t-il. Le terrorisme mène une guerre transfrontalière, ce qui exige, souligne-t-il, un partage de l'information et, ajoute-t-il, que les pays mettent en place des structures pour que les services partagent les informations. Il estime que les pays du Champ n'ont pas les moyens suffisants pour lutter contre le terrorisme au Sahel. Quant à la réunion qui s'est ouverte hier à Alger, il fait observer qu'il s'agit d'un forum informel mais aux grands enjeux : engager les pays concernés à coopérer ensemble, examiner les capacités d'apporter les moyens et voir la possibilité de faire face à la situation. Il fait savoir que sur les cinq groupes de travail mis en place, deux sont thématiques et trois régionaux et sur les trois régionaux, deux sont consacrés à l'Afrique, un continent considéré comme le maillon faible en terme de résistance au terrorisme. Il estime que l'Aqmi et le groupe nigérian sont une menace qu'il faut éliminer avant qu'ils ne prennent de l'ampleur. Le directeur du CAERT fait savoir que l'Union africaine a préparé une loi modèle pour la lutte contre le terrorisme qui criminalise le paiement des rançons car il est considéré comme un moyen de financement du terrorisme. Tous les pays africains ont adopté cette loi modèle. Il fait ressortir la contradiction entre le fait de lutter contre le terrorisme et le paiement de rançons en cas de prise d'otages. Il reconnaît qu'il y a des partenaires de la lutte contre le terrorisme qui ne sont pas prêts à accepter la criminalisation du paiement de rançons. Pour le directeur du CAERT, il faut être toujours prêt à protéger les pays contre le terrorisme qui peut frapper n'importe où et à n'importe quel moment. Il précise que si le terrorisme est particulièrement ressenti dans les pays du Sahel, il constitue une menace pour tous les pays.
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