Le Soudan réfute toute allégation faisant état d'une "hausse des violences au Darfour", a déclaré mardi l'ambassadeur de ce pays à Alger M. Magdi Mohamed Thaha lors d'une conférence de presse.
"Le terrain ne reflète pas les propos de la chef par intérim de la mission de paix conjointe Union africaine-Nations unies au Darfour (NDLR : Mme Aïchatou Mindaoudou...). Cette responsable onusienne s'est certainement basée sur une opération armée d'une des factions rebelles opérant depuis le sol de la République du Soudan du Sud pour faire ce constat", a indiqué M. Magdi Mohamed Thaha.
Tout en reconnaissant l'existence de zones non sécurisées, le diplomate a minimisé leur impact sur la situation générale sans apporter d'autres détails notamment ceux relatifs à d'éventuelles victimes des violences.
Mme Aïchatou Mindaoudoua avait qualifié la veille de "préoccupante" la hausse des violences dans certaines zones de cette région du Soudan en déplorant un nombre important de victimes civiles.
Elle s'exprimait à l'ouverture à Khartoum de la deuxième rencontre de la Commission conjointe internationale, institution en charge de la surveillance du cessez-le-feu conformément à un accord signé en 2011 par le gouvernement et une coalition de petites factions rebelles darfouries, le Mouvement de la libération et de la justice (LJM).
"L'engagement des deux Etats (Soudan et Soudan du sud) de ne pas permettre aux groupes ethniques rebelles d'opérer depuis leur sol est un des chapitres importants contenus dans l'accord signé entre le président Omar El Bachir et son homologue Salva Kir", a rappelé M. Mohamed Thaha.
Selon les Etats-Unis, que l'ambassadeur du Soudan à Alger a accusé "de maintenir leur embargo" sur son pays "en dépit des propos de la diplomatie US affirmant le contraire", 70 civils seraient morts entre le 25 et le 27 septembre, date de la signature de l'accord, lors de combats entre rebelles et forces gouvernementales soudanaises, et de raids aériens.
Au moins 300.000 personnes, selon l'ONU, et 10.000, selon le gouvernement soudanais, ont péri depuis le début de la guerre du Darfour en 2003.
M. Mohamed Thaha a par ailleurs souligné l'engagement de Khartoum à respecter l'ensemble des points de l'accord signé avec le Soudan du Sud.
"Le Soudan et son gouvernement respecteront les 9 points de l'accord cadre signé le 27 septembre, en dépit de certains point restés en suspens, notamment celui du statut de la région d'Abyei", à-t-il assuré.
Cet accord signé par les présidents el-Bachir et Kivu à Addis Abeba "constitue le début d'une nouvelle ère pour nos deux peuples (...) et l'engagement des deux chefs d'Etat est la preuve de la volonté et de la sagesse des uns et des autres à vouloir surmonter la crise", a-t-il ajouté.
L'accord en 9 points concerne les dossiers du pétrole et de l'économie, le commerce, la monnaie et les banques centrales respectives, le statut des travailleurs du Sud et le tracé des frontières.
Quant au différend sur le statut de la région d'Abyei, Khartoum souhaite que les prochaines négociations se basent sur le protocole spécifique déjà existant dans les accords conclus en 2005 où il est question d'un référendum sur le statut de cette zone pétrolifère.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz