La rencontre qui a eu lieu mercredi dernier entre le secrétaire général du FLN, Mohamed Djemaï, et l'ambassadeur de Russie à Alger, Igor Beliaev, n'est guère passée inaperçue, suscitant de nombreuses réactions dans la presse et sur les réseaux sociaux.C'est même une immense vague de protestation qui s'est élevée contre les propos attribués au diplomate russe, suscitant colère et indignation. "La solution à la crise politique réside dans la tenue de la présidentielle dans les plus brefs délais", aurait-il déclaré, ajoutant que "le peuple est seul maître de son destin et personne n'a le droit de s'ingérer dans les affaires algériennes". C'est du moins ce qui a été rapporté par le FLN dans un premier compte rendu avant de se rétracter.
Trop tard. Ces propos lourds de sens repris par la presse se sont propagés comme une traînée de poudre sur la Toile. Les internautes, unanimes, ont déploré ce qu'ils qualifient "d'ingérence" dans les affaires internes du pays, estimant que "la Russie n'a pas d'avis, ni de conseils ni de leçons à donner aux Algériens".
Nombreux aussi ceux qui se sont interrogés sur le timing de cette sortie qui a coïncidé avec le discours de Gaïd Salah, chef d'état-major de l'ANP, intervenu à la veille de la visite de l'ambassadeur russe au siège du FLN.
Les commentaires ont noté alors la similitude des propos imputés à l'ambassadeur avec ceux tenus par Gaïd Salah les amenant à interpréter ce fait curieux par "le soutien indéfectible de la Russie au pouvoir algérien contre le mouvement populaire".
Une lecture confortée, par ailleurs, par le fait que le diplomate aurait, également, "loué le rôle du panel conduit par Karim Younès dans le dialogue, et celui de l'armée dans les résultats obtenus par le mouvement populaire".
Des déclarations dont se serait bien passé le peuple algérien qui gère sa situation politique actuelle comme il peut sans avoir besoin que l'on vienne, de l'extérieur, mettre son grain de sel quelles qu'en soient les motivations. Pris de panique, visiblement, le FLN publie un communiqué où il est fait mention, imputée au départ à l'ambassadeur, pour l'attribuer cette fois-ci au premier responsable du parti. Une tentative probablement de la part du FLN de rattraper "la bourde" avant que les choses ne dégénèrent. L'ambassade de Russie, pour sa part, semble vivre un grand moment de gêne puisqu'elle n'a pas démenti l'information ni ne s'est expliquée.
Elle s'est contentée de résumer dans un post sur sa page facebook que "les deux parties ont procédé à la discussion des questions de la situation politique actuelle en RADP (Algérie, ndlr) et de plusieurs aspects des relations bilatérales, ainsi que leur intensification dans le domaine des liens interparlementaires".
Nabila Saïdoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila SAIDOUN
Source : www.liberte-algerie.com