Esquive "royale" : aux accusations algériennes contre le Maroc coupable, selon Alger, de la dernière attaque contre trois camions algériens dans le territoire sahraoui, près de Bir Lahlou, le roi Mohammed VI a opté pour le mutisme.En effet, dans un discours prononcé dans la soirée de samedi 6 novembre à l'occasion du 46e anniversaire de la Marche verte, le souverain marocain a totalement fait l'impasse sur cette affaire, ne faisant aucun commentaire sur l'incident ni aucune réponse à la Présidence algérienne qui, dans un communiqué rendu public le 3 novembre, a clairement pointé du doigt la responsabilité marocaine dans cette attaque tout en menaçant qu'elle "ne restera pas impunie".
Toujours mutique, il a aussi évité d'évoquer les suites accordées à cette affaire par les autorités algériennes qui ont saisi l'ONU et d'autres organisations internationales comme la commission de l'Union africaine, la Ligue des Etats arabes, ou encore l'Organisation de la coopération islamique.
Ce silence des autorités marocaines sur un incident aussi grave et surtout mettant en cause leur pays traduit-il une gêne, voire un sentiment de culpabilité chez elles, au point de s'interdire toute réplique ou surenchère de nature à envenimer davantage les relations déjà fort tendues entre les deux pays voisins '
Plutôt, un semblant d'assurance qui confine à de l'arrogance chez les Marocains, procuré par la normalisation de leurs relations avec Israël, et surtout, la reconnaissance par l'ancien président américain Trump de la souveraineté de leur pays sur le Sahara occidental.
Le roi Mohammed VI a longuement évoqué cette reconnaissance dans son discours, au point d'"ignorer'' superbement la colère algérienne.
S'il n'a pas directement répondu aux accusations algériennes, le roi Mohammed VI a, en revanche, glissé, à la fin de son discours, une phrase qui peut s'apparenter à une réplique, très allusive il est vrai, à la menace d'El-Mouradia.
"Nous rendons un vibrant hommage et exprimons notre considération aux Forces armées royales, à la Gendarmerie royale, à la Sûreté nationale, aux Forces auxiliaires, à l'Administration territoriale et à la Protection civile, toutes composantes confondues, pour leur mobilisation constante, sous notre commandement, à défendre l'unité nationale et à préserver la sécurité et la stabilité du pays", a-t-il affirmé.
Sur le dossier du Sahara occidental, le souverain marocain a été catégorique : pas de négociation sur le statut des territoires sahraouis en dehors de la solution préconisée par son pays, à savoir une autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Pourtant, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé, le 29 octobre dernier, aux "parties" de "reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi en tenant compte des efforts consentis depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental (...)".
A. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab CHIH
Source : www.liberte-algerie.com