La riposte aux attaques du Makhzen, menée tambour battant par l'Algérie, met en lumière un malaise longtemps tu par les autorités algériennes. Excédées par le jeu trouble, les louvoiements du Maroc quant aux griefs portés à la connaissance de ses responsables, au Palais d'El Mouradia l'on se rend à l'évidence. Ceux-ci ne montrent aucune volonté de transcender des contingences à mettre sur le compte des frictions passagères entre deux voisins. Paradoxalement, le Makhzen prend un malin plaisir à pousser à l'escalade et reste sourd aux mises en garde quant aux risques réels de dérapage que rejette absolument la partie algérienne.Acculé à la défensive, Alger se voit contraint de prendre des mesures d'apparence impopulaire mais qui vont de soi. Le but, faire entendre raison aux tenants de la monarchie alaouite. Mais la tension est montée brusquement de plusieurs crans ces derniers jours, aux dépens d'une entente cordiale souhaitée, voire d'une paix profitable à toute la région du Maghreb et par extension le nord de l'Afrique. En dehors du secrétaire général de l'ONU qui s'est contenté d'exprimer une inquiétude de circonstance vu la tournure prise par les événements, ailleurs c'est l'expectative. Motus et bouche cousue. Serait-ce la crainte de s'impliquer involontairement dans un conflit qui les dépasse qui peut justifier l'attitude passive des pays de l'Union panafricaine ' Il est vrai que pour eux, les dangereuses initiatives prises par le Makhzen ne s'inscrivent pas dans une volonté d'apaisement. C'est une évidence. C'est pourquoi beaucoup comprennent la colère légitime de la partie algérienne.
L'Algérie a toujours milité pour le dialogue dans la résolution des conflits entre les Etats. Sauf que la disponibilité à résoudre tout différend par la voie pacifique ne veut pas dire aveu de faiblesse. C'est le message que veut faire passer Alger à ses partenaires, invités à bien mesurer les conséquences des man?uvres marocaines. Chat échaudé craint l'eau froide, dit-on.
Le scénario de l'agression de 1963 ne se répétera pas. Les traumatismes qu'il a générés ont laissé des cicatrices. Il ne faut pas voir dans la réaction algérienne un quelconque appel à l'aventure, un saut vers l'inconnu. Cette option est totalement exclue mais elle incite dans le même temps à ne pas se départir de la vigilance en la circonstance. C'est en tout cas ce qu'impose l'attitude du Maroc visiblement déterminé à court-circuiter une éventuelle désescalade. Certes, le premier diplomate algérien a choisi le cadre précis de la réunion de la Ligue arabe pour exprimer, devant ses pairs, toute l'exaspération de l'Algérie face au jeu dangereux du Makhzen. Mais en retour, c'est le silence des agneaux. Pis, mettre sur un même plan agresseur et agressé a de quoi susciter moult interrogations sur cette attitude qui profite en définitive au Maroc.
Roulés dans la farine par les «Accords d'Abraham», presque tous les pays de cette région du Moyen-Orient n'ont plus d'yeux que pour l'Etat sioniste et cela ne peut tromper personne, sachant la nouvelle alliance du Makhzen avec ce dernier. Enfer et damnation.
Brahim Taouchichet
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim Taouchichet
Source : www.lesoirdalgerie.com