Photo : M. Hacène
Par Hassan Gherab
En chiffres, la 17ème édition du Salon international du livre d'Alger (Sila 2012) est un franc succès, sur tous les plans. Mais si on évoque les critères de qualité, là, une ombre ternira l'aura de ce salon. En fait, le Sila 2012 n'a rien fait d'autre que rééditer ce qui a été déjà fait lors des précédentes éditions, avec les mêmes manques et lacunes. On a misé sur la participation, mais pas les profils. On a parié sur l'espace, mais ignoré sa gestion et sa mise en valeur. Résultat, on a eu un grand salon occupant trois pavillons d'expositions, des centaines d'exposants et des milliers de visiteurs par jour.Mais dans cette débauche de statistiques, il faut chercher l'once de qualité. Il est vrai qu'il y a eu du livre de bonne facture et du chaland de bon goût. Toutefois, la médiocrité a surnagé et a enlaidit toutes les facettes du Sila 2012. Les défauts et les lacunes de l'organisation ont concernés aussi bien le choix des exposants qui n'a pas sassé les participants pour trier le véritable professionnel du livre du mercantile commerçant, que la gestion et l'aménagement de l'espace. En plus de l'absence de la climatisation, on relèvera l'insalubrité des toilettes et la condamnation des issues de secours par des grilles cadenassées. Si on ajoute l'absence d'un plan du salon, on aboutit à un beau ratage. Ratage accentué par l'écrasante majorité des exposants qui n'ont pas consenti le moindre effort pour offrir au livre une présentation digne de lui. Les stands étaient des étals de vente. Certains commerçants se sont contentés d'empiler des cartons de livres pour en faire des étals. D'autres, ce sont carrément les livres qu'ils empileront à même le sol. Quant à l'esthétique, la créativité et le sens du beau, ils n'avaient pas grande place au Sila. Les stands relativement aménagés et décorés se comptaient sur une main. Et encore, pour certains, c'est le même décor que l'édition précédente et celle d'avant.En fait, aux yeux de nombreux exposants, on vient au Sila pour vendre. Il est donc hors de question de débourser pour décorer un stand, ça sera un manque à gagner et une dépense inutile puisque les livres se vendent même s'ils sont mal présentés. Et quand les visiteurs arrivent dans un salon où le professionnalisme, l'esthétique, l'ordre et la propreté sont exclus, ils ne peuvent que reproduire les mêmes comportements qu'ils ont en dehors, ce qu'ils ont été nombreux à faire. Gobelets, bouteilles, sachets et restes de bouffe étaient jetés n'importe où, sauf dans les poubelles que, pourtant, on trouvait partout.Comment, dès lors, le Sila peut-il être une vitrine belle et brillante pour le livre ' Il est tout juste une devanture décrépite qu'on ne cesse de ravaler alors qu'il s'agit de la restaurer en profondeur. Les efforts doivent être fournis tant par les organisateurs que par les participants qui ont les moyens et peuvent produire un salon du livre international comme ceux qu'ils en ont vu ailleurs. Le plus important n'est pas d'avoir un grand salon mais un véritable salon, et c'est le défi qui attend toujours d'être relevé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H G
Source : www.latribune-online.com