Alger - A la une

Le sel et le sucre sont pointés du doigt



Cinq thèmes aussi importants les uns que les autres ayant trait à la santé publique ont été traités par des spécialistes, lors de la journée d'étude relative à la protection du consommateur qui s'est déroulée à la salle des délibérations de l'Assemblée populaire de wilaya. La manifestation a été initiée par la Chambre de commerce conjointement avec la Direction du commerce et la participation de l'Association nationale de la protection du consommateur «Aman».Cette journée a vu aussi la participation de plusieurs opérateurs économiques. MM. Hamel, Saim et Dahdouh, respectivement directeur de la CCI Sidi R'ghis, président de la même chambre et le directeur du commerce, ont souligné la gravité des intoxications alimentaires qui vont crescendo. 4 000 cas à l'échelle nationale en 2018, a-t-il affirmé. Un chiffre qui reste en deçà des cas officiels.
Dr Aissaoui, professeur à l'université Larbi-Ben M'hidi, dans son intervention a longuement développé le danger de la consommation du sel, du sucre et des céréales notamment les pains blancs et leur impact sur la santé publique. Il a par ailleurs expliqué certaines mesures et précautions à suivre pour éviter les pathologies qui peuvent être engendrées.
Le même intervenant a avancé le chiffre de 420 millions de sujets à travers la planète qui sont atteints de diabète de type 1 et 2 entraînant près de 4 millions de décès soulignant l'augmentation exponentielle des cas en Algérie passant de 8% à 16% sur 10 ans. Le conférencier a également mis en exergue le phénomène de l'hypertension artérielle où une personne sur trois est touchée par cette maladie.
Dans le même sillage, le conférencier fera une comparaison entre les pays d'Europe où la consommation du sucre est nettement inférieure à celle de notre pays et où ces produits «tueurs» sont soutenus par les pouvoirs publics ce qui nous emmène à une consommation très abusive.
Pour les pains blancs par exemple, l'intervenant avance des statistiques effrayantes, soit 50 millions de baguettes consommées quotidiennement dont 10 millions jetées chaque jour, l'équivalent de 750 000 euros. Il conclut que le meilleur moyen de lutter contre cette consommation effréneé ainsi que son gaspillage et stopper les pathologies citées plus haut demeure sans conteste la prévention et l'éducation nutritionnelle.
Lui emboîtant le pas, Mlle Lamraoui, cadre de la DCP, développera à son tour dans une longue intervention un thème traitant des «conditions sanitaires pour préparer des repas» dans le cadre du décret exécutif 140/17 définissant plusieurs paramètres de conservation de produits alimentaires notamment ceux à haute sensibilité.
Le Docteur Ghezlane A., médecin aux ?uvres universitaires, interviendra pour développer le sujet relatif à «la prévention des intoxications provenant des repas collectifs», souvent à l'origine des intoxications alimentaires. M. Khaled, un autre cadre de la DCP, dans son exposé traitera de l'information et l'orientation du consommateur.
Le président de l'association nationale de la protection du consommateur «El Aman» venu d'Alger, d'abord pour l'installation du bureau de wilaya d'Oum-el-Bouaghi, débattra un sujet sur l'optimisation des consommations. En parfait connaisseur du thème, M. Menouer. s'appuiera sur des chiffres alarmants concernant les personnes atteintes de diabète et d'hypertension artérielle, à ce titre il pointera du doigt les pouvoirs publics et organismes publics en leur imputant carrément la responsabilité par le soutien de ces produits. «Si les prix du sucre et de la farine étaient libres, le consommateur réduira systématiquement l'usage de ces produits.»
Le président de l'association «El Aman» soulignera aussi que non seulement ces produits sont soutenus par l'Etat, mais plus grave encore «c'est la facture sanitaire qui est supportée par les mêmes pouvoirs publics». Dans ce cadre il propose l'ouverture des prix, ce qui selon lui conduira forcément le consommateur à réguler son comportement envers les sucres et le sel.
Le transport des produits a été soulevé suscitant l'inquiétude des présents. Les produits, faut-il le souligner, sont acheminés dans des conditions lamentables, comme les boissons et les produits laitiers qui traversent des centaines de kilomètres sous une température caniculaire ainsi que l'eau stockée dans des citernes en plastique dont l'origine est inconnue.
Moussa Chtatha
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)