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Le secteur du BTPH a-t-il atteint ses limites de croissance en Algérie '



Le secteur du BTPH a-t-il atteint ses limites de croissance en Algérie '
Sauf à vouloir généraliser la pratique du recours au reste du monde pour la réalisation de notre programme de construction d'infrastructures et de logements, il apparaît que le secteur algérien du BTPH a atteint ses limites de croissance, nonobstant d'ailleurs les limites budgétaires qui se profilent à l'horizon. C'est, me semble-t-il, au-delà des revendications légitimes des partenaires sociaux, la raison profonde qui a motivé la mise en place par la 15e tripartite d'un groupe de travail relatif aux "modalités facilitant l'intervention des entreprises nationales du BTPH dans la réalisation du programme national d'équipement". Ce groupe a rendu ses conclusions qui ont été approuvées par la 16e tripartite tenue le 23 février 2014. Mais pour autant peut-on dire que la levée des goulots d'étranglement identifiés par la tripartite sera suffisante pour porter les capacités nationales de réalisation à un niveau compatible avec celui des besoins requis par la croissance économique accélérée du pays et des besoins sociaux des ménages ' Partiellement seulement, me semble-t-il, et je vais vous dire pourquoi.Supposons, en effet, que les contraintes du BTPH traitées dans le rapport de la tripartite soient levées mais que l'on maintienne la même politique de réalisation alors les progrès potentiels de l'appareil national de construction permettraient, dans le meilleur des cas, de passer de 80 000 logements livrables par an à 120 000, soit 50% de progression. Il est vrai que le déficit serait réduit d'autant, mais il y aura toujours une demande solvable annuelle de 90 000 logements qui ne sera jamais satisfaite. D'où la nécessité de changer de paradigme de réalisation et de transformer les menaces en opportunités. Car les menaces ont été bel et bien identifiées lors de la tenue des 3es Assises du BTPH tenues le 8 février dernier. Un expert participant y a qualifié la concurrence étrangère de "loup dans la bergerie" dans un marché en déficit structurel de réalisation. L'association patronale de branche AGEA y a pointé du doigt le fait que "le secteur privé fait face à la concurrence d'entreprises étrangères accompagnées de leur puissante organisation, leurs supports diplomatique et politique ainsi que de leurs banques". En fait ces menaces internationales concurrentielles qui existent dans cette branche, mais aussi dans toutes les autres, n'ont pas vocation à disparaître. Je pense même le contraire car le processus d'insertion internationale de l'économie algérienne va s'accélérer inexorablement avec notamment l'accession à l'OMC qui risque d'intervenir à présent plus vite qu'on ne le pense. Alors transformons cette menace en opportunité pour le secteur algérien du BTPH au lieu de persister à vouloir entrer à reculons dans la globalisation. Dans une Europe en crise, voire en récession des groupes importants de construction sont en fort déficit de plan de charge avec corollairement de graves problèmes de trésorerie. Alors pourquoi ne pas les faire acquérir totalement ou partiellement par les entreprises algériennes publiques et/ou privées. Cela permettrait à l'Algérie d'élargir, par acquisitions externes, des capacités de réalisation qu'elle aurait eu du mal à développer dans des délais raisonnables. Cela vaut mieux que de signer des contrats de réalisation avec des entreprises étrangères qui, une fois le projet terminé, disparaissent sans ne rien laisser. On a même vu d'ailleurs, dans un autre secteur, un contrat de réalisation d'un complexe industriel énergétique qui a été résilié parce que l'entreprise cocontractante avait de graves difficultés qui ne lui permettaient pas d'honorer ses engagements contractuels. Vous me diriez que l'Algérie ne dispose pas de véhicules et d'instruments appropriés tels que des fonds souverains qui lui permettrait d'initier ce type d'opérations. Comme je l'ai dit, lors de la tripartite, on peut tout simplement élargir à l'international les prérogatives du Fonds national d'investissement (FNI). En attendant on peut faire traiter par le Conseil de la monnaie et du crédit, rapidement et au cas par cas, les demandes d'acquisition d'actifs étrangers introduites par les promoteurs algériens publics et/ou privés.Du coup en élargissant instantanément en Algérie les capacités d'intervention d'entreprises de taille mondiale mais de "de droit algérien", la pression sur la balance des services diminuera par un recours moindre aux capacités de réalisation du reste du monde. On peut affirmer alors que la politique de substitution aux importations de services pour le BTPH devra passer par l'acquisition d'actifs extérieurs intangibles tels que les entreprises expérimentées de grande capacité. Parallèlement les parts de produits de consommations intermédiaires importés par ce secteur (ciment, acier, etc.) diminueront elles aussi du fait des politiques de ré-industrialisation initiées tardivement mais utilement. Mieux vaut tard que jamais.En conclusion, si on généralise cet exercice à toutes les branches, on donnera du sens et du contenu à ce nouveau régime de croissance diversifié qui fait consensus mais dont les déclinaisons sectorielles ont du mal à émerger. La preuve en est fournie par le secteur du BTPH. Vous en conviendrez avec moi.M. M.NomAdresse email


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