
«Déjà dans les temps normaux, la situation des malades est déplorable. Et que dirions-nous en situation de grève quand des médecins, des paramédicaux et des corps communs se sont unis pour la même cause'» a regretté hier, Mohamed D., dans son lit, à l'hôpital Mustapha-Pacha à Alger. Mohamed 45 ans, a ajouté que les gens défendent leurs intérêts personnels au détriment de l'intérêt général, au point de négliger les malades qui souffrent dans le silence et la solitude. Les syndicalistes se réjouissent du taux important du suivi de la grève. La tutelle se défend d'avoir répondu aux préoccupations du secteur et les patients continuent de payer les pots cassés de la mauvaise gestion du secteur, de la pénurie des médicaments et autres déficits en termes d'agents et médecins toutes spécialités. «On nous a affectés d'office à Béchar et à Illizi. On ne nous a donné aucune information concernant le lieu de l'affectation ni celui de l'établissement, ni des moyens mis à notre disposition», ont déploré deux médecins que nous avons rencontrés hier, l'un s'apprêtait à regagner Béchar et l'autre Illizi. Les paramédicaux ont entamé la grève illimitée depuis le 29 avril dernier et les médecins depuis trois jours, aux côtés des corps communs qui ont fait de même. Depuis, ils ont paralysé le secteur de la santé. S'agissant du service minimum, c'est une véritable insulte au niveau de certains centres de soins que nous avons visités hier à Alger. Portes fermées à partir de 14h15. Un membre des personnels du centre de l'unité de contrôle de tuberculose sis face à l'entrée de l'hôpital Mustapha-Pacha à Meissonnier, n'a même pas usé de formule de politesse à notre visite en tant que citoyens. «Nous sommes en grève depuis plus de dix jours. Vous ne lisez pas les journaux'», dit-il brandissant des clés pour signifier qu'il allait quitter les lieux. Idem pour un autre centre de soins à Alger-Centre. Les agents de sécurité ont refusé tout accueil. «Vous ne voyez pas que tout le monde est en grève'», nous dit-on. Ce n'est qu'après avoir identifié notre profession, que nous avons eu droit à un minimum d'informations auprès des paramédicaux et autres médecins. Rien ne fonctionne, comme l'exige la noblesse de la médecine. Salles d'attente vides, les patients qui suivent des traitements sont souvent refoulés à l'entrée devant des groupes de personnels qui sont dans la surcharge, contrairement à d'autres établissements publics qui souffrent de manque à longueur d'années. L'hôpital de Beni Messous a enregistré une paralysie dans la majorité des services, selon des médecins que nous avons contactés sur les lieux. Les paramédicaux ont enregistré un taux de participation à la grève qui varie entre 46 et 48%, selon le chargé de la communication des enseignants du corps paramédical. Du côté des patients, en son âme et conscience, un élément du paramédical s'est montré contre la grève de tout le secteur de la santé. «Normalement, on ne doit pas aller à la grève et laisser des malades souffrir. Même si nous avons tous des problèmes et des préoccupations divers, on ne doit jamais faire souffrir et faire courir des malades qui viennent de loin pour se soigner», a déploré une infirmière qui exerce par amour de sa fonction à longueur d'année. On est loin, très loin du temps de la noblesse de la médecine où le personnel médical, toutes catégories confondues, accueille le malade à sa juste valeur. Et pourtant, nul n'est à l'abri d'une maladie. Le plus sévère, c'est laisser les autres souffrir où qu'ils soient. Tutelle et syndicats, tout le monde est responsable de la santé publique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar CHEKAR
Source : www.lexpressiondz.com