À l'inverse de certaines ONG, Washington semble satisfait des progrès réalisés par l'Algérie dans la gestion de certains dossiers, dont le dernier en date, évoqué dans le rapport mondial, celui de la traite des personnes.Après les "bons points" délivrés sur la question des droits de l'Homme, puis des libertés religieuses, l'administration américaine relève l'existence "d'une volonté politique" chez les dirigeants algériens pour combattre le fléau de la traite des personnes, selon une source diplomatique de l'ambassade américaine à Alger. "On est convaincus que le gouvernement algérien prend au sérieux le problème", a indiqué, hier, cette source lors d'une rencontre avec des journalistes. "Il y a une volonté politique à tous les niveaux pour s'engager à combattre le fléau", souligne cette source.
Publié jeudi soir à Washington, le rapport mondial sur la traite des personnes, qui évalue y compris les Etats-Unis d'Amérique, a relevé les progrès réalisés par l'Algérie, confrontée à un flux massif de migrants, souvent plus vulnérables à la traite, pour "endiguer" le fléau.
D'autant que le rapport n'est pas basé sur l'envergure du problème, mais plutôt sur les actions entreprises par les pays. En plus d'une structure créée à cet effet, l'Algérie considère, dans une loi de 2009 amendant le code pénal, comme traite des personnes "le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil d'une ou plusieurs personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte, par l'enlèvement, fraude, tromperie, abus d'autorité ou d'une situation de vulnérabilité, ou par l'offre ou l'acceptation de paiement ou d'avantages afin d'obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre aux fins d'exploitation". "Dans ce domaine, les dirigeants sont fiables. Je ne dis pas dans tous les domaines", nuance la même source. Parmi les satisfactions relevées, figurent notamment l'augmentation des poursuites à l'encontre de ceux qui se livrent à la traite. "Nos recommandations se reflètent dans le plan d'action du gouvernement algérien. On a recommandé l'augmentation des poursuites, on l'a constaté. Il y a également augmentation des enquêtes", note cette source qui évoque également le travail de sensibilisation, comme l'atelier organisé au profit des médias, ou encore les actions de la DGSN.
Pas moins de 22 personnes sont poursuivies, selon le rapport qui couvre la période entre avril 2017 et mars 2018. "Les procureurs sont très sérieux", observe encore la même source, avant de souligner que le sujet a "un aspect positif pour les relations algéro-américaines". "Ce n'est pas de la langue de bois", soutient notre source. Signe de la qualité de ces relations, la récente visite du sous-secrétaire d'Etat et ses "discussions" avec les dirigeants algériens. "L'Algérie a vraiment amélioré son classement. Les progrès continuent et nous sommes optimistes quant à la poursuite de ces progrès. Nous sommes très reconnaissants de la coopération", se félicite cette source, non sans remercier, notamment, la présidente du Conseil national des droits de l'Homme qui joue "un rôle-clé et qui nous a aidés".
"C'est important que nous continuons le dialogue. Nous sommes reconnaissants pour la coopération." Interrogée, par ailleurs, sur les critiques formulées par certaines ONG concernant le rapatriement massif des migrants par l'Algérie, cette source s'est contentée de recourir aux poncifs diplomatiques. "Chaque pays a le droit de régler les problèmes de ses frontières avec, à l'évidence, le respect des droits des migrants. Les critiques sont postérieures à notre rapport."
Karim K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com