Le campus de Targa-Ouzemour a abrité, hier, une table-ronde, dans le cadre de la série de conférences qu'organisent le collectif des enseignants et ATS de l'université de Béjaïa. La rencontre, animée par des membres de syndicats autonomes, à l'instar du Cnes, du Cnapeste, du Satef? avait pour thème : "Les syndicalistes et le mouvement populaire". Le premier à intervenir, Kamal Aïssat, enseignant et ancien membre de la direction du Cnes, a encouragé ce genre d'initiatives qui permettent de "clarifier les choses et de comprendre où nous en sommes et où nous allons", ce qui n'est pas évident après 20 années de bouteflikisme, marquées par la fermeture des champs politique et syndical. Au point que le pouvoir politique a créé un clone pour chaque syndicat, parti politique et association. Et c'est ainsi qu'il a réussi à casser, ajoutera-t-il, "tous les bouts d'organisation qu'il y avait dans la société. Il a été aidé en cela par l'aisance financière".Le coordinateur national du Cnes a tenu à rappeler que les syndicats autonomes et les partis politiques étaient là bien avant le 22 février. Ils ont eu à affronter, la plupart du temps, seuls, le pouvoir politique. Ils étaient rares ceux qui osaient s'y frotter alors. "Que l'on ne vienne pas aujourd'hui dire : les syndicats et les partis politiques, dehors !" On tente, dénoncera-t-il, à réduire leur rôle alors que c'est important d'identifier les gens. "Il faut, au contraire, faire confiance à ceux qui ont affronté ce régime ces vingt dernières années", a-t-il ajouté avant de s'en prendre à la presse, écrite et audiovisuelle. Le problème, c'est qu'il a mis tout le monde dans le même sac. À l'entendre, tout le monde est logé à la même enseigne.
Amoura Boualem, du Satef, a indiqué que l'on continue à travailler dans le cadre de la Confédération syndicale, non agréée, selon lui, par l'entremise de "Sid-houm Saïd", le SG de l'UGTA alors que chez nos voisins du Maroc et de Tunisie, il y a cinq centrales syndicales, qui activent sans aucun problème. Il en a profité pour rappeler le rôle central, joué à l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) dans la réussite de la transition en Tunisie. Et alors que le porte-parole du régime, le général Ahmed Gaïd Salah, persiste à maintenir son agenda, "nous avons décidé de prendre une initiative, ce samedi à Alger, avec des organisations nationales. Et ensuite, dans une deuxième étape, aller à la rencontre des partis politiques". Et d'insister encore : "Il n'y a pas de démocratie sans partis politiques. Bien sûr, pas ceux qui ont mené l'Algérie à la ruine", allusion faite aux partis politiques de l'ancienne alliance présidentielle et ceux qui leur sont inféodés.
Enfin, Il a conclu sa prise de parole en faisant un exposé sur les syndicats autonomes et les contraintes auxquelles ils sont confrontés. Il n'a pas manqué d'indiquer que son syndicat, le Cnapeste, est en train d'élaborer une feuille de route car il considère que la transition est inévitable. Il a assuré que son syndicat rejette l'option du régime, qui insiste sur le maintien de la présidentielle du 4 juillet et invite les décideurs à une "sortie honorable" tant que "c'est encore possible".
M. OUYOUGOUTE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : OUYOUGOUTE Moussa
Source : www.liberte-algerie.com