
Alger a réaffirmé hier par le biais de son chef de la diplomatie, Ramtane Lamamra, sa position de principe sur le Sahara Occidental en invitant implicitement le Maroc à ne plus associer ce dossier aux relations bilatérales. Mais Rabat l'entendra-t-il de cette oreille ' Rien n'est moins sûr. Lorsque c'est le roi M6 lui-même qui mobilise le peuple et la société civile et politique marocaine contre l'Algérie et pour la marocanité de l'ancienne colonie espagnole occupée depuis 1975, il est tout à fait clair que la thèse de "l'acte isolé" dans l'affaire de la violation du siège de notre consulat à Casablanca ne tient pas la route.Alger n'a pas encore reçu de réponse quant à sa demande d'être associée à l'enquête et ne recevra très probablement rien comme ce fut le cas des excuses que l'Algérie attend depuis 1994 dans l'affaire de l'attentat de Marrakech que les Marocains avaient imputé aux services algériens. Pour Rabat, le c'ur du problème sahraoui est l'Algérie, alors que dans les faits, le fond du problème est de pouvoir parvenir à mettre en 'uvre le processus de décolonisation qui doit passer par l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Sur ce plan bien précis, le Maroc, principal élément de blocage, est dans l'impasse.
Le roi sait que la logique coloniale a ses limites, surtout que les familles de colon qui se sont implantées dans les territoires occupés depuis 1975 jouent plutôt pour le statu quo. Autrement dit, elles ne souhaiteraient pas un rattachement officiel au royaume, car elles perdraient alors les avantages liés au plan d'occupation, comme elles s'opposeraient, également et surtout, à toute idée de décolonisation. Conscient de cette situation paradoxale, le palais royal tente d'instrumentaliser, une fois de plus, ce qui est considéré au Maroc comme une cause nationale, à savoir le Sahara, pour des objectifs internes. D'abord, mobiliser l'aile nationaliste face à la montée de l'islamisme et de l'extrémisme. Ensuite, il veut donner cette illusion, aux yeux de ses alliés occidentaux, qu'il est agressé de l'extérieur et qu'il a donc besoin d'un soutien plus important pour maintenir sa position coloniale.
Dans les deux cas, ces attaques contre l'Algérie, suivies du rappel de son ambassadeur pour quelques jours, n'auront servi à rien, surtout que le roi est profondément convaincu que sa visite aux Etats-Unis, prévue pour le 22 novembre, ne pourra, en aucun cas, le renforcer dans le dossier sahraoui, la question des droits de l'Homme ayant été au c'ur des révolutions arabes depuis 2011.
S. T
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salim Tamani
Source : www.liberte-algerie.com