Alger - Revue de Presse

Le sachet de lait, la spéculation et les subventions



Afin de débattre des problèmes engendrés par l'actuelle crise qui secoue le secteur, une rencontre a regroupé hier l'ensemble des producteurs de lait en sachet des régions Ouest et Sud-Ouest du pays, à Es-Sénia. Ce conclave régional, initié par la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) visait à faire connaître les derniers développements survenus pour la filière lait de la Fédération nationale de l'industrie ago-alimentaire, de l'agriculture et de la pêche. Prenant la parole, le président de cette fédération, M. Ziani, a abordé la question du niveau de production en précisant qu'il sera maintenu et ce, afin de rassurer les consommateurs qu'aucune tension ne sera vécue durant le mois de Ramadhan, un mois durant lequel la consommation passe du simple au double. Cependant, l'intervenant relèvera que les augmentations constatées chez certains détaillants sont le fait de la spéculation et que ni les producteurs, ni les distributeurs n'y sont responsables. Il a rappelé à cet effet que le prix officiel du sachet de lait est fixé par un décret du ministère du Commerce à 25 DA. Par ailleurs, la question des subventions de l'Etat au profit des producteurs a été longuement débattue par les participants. Ces derniers s'interrogent notamment sur les raisons du retard enregistré dans l'octroi des subventions leur permettant de faire face au différentiel entre le prix d'achat du lait en poudre et le prix de vente fixé autour de 23 DA. Au sujet de ces appréhensions, M. Ziani a rappelé qu'après les apports publics des mois de mars, avril et mai, les producteurs n'ont encore rien reçu pour les deux derniers mois et cela s'expliquerait selon l'orateur par «la lourdeur du mécanisme administratif en vigueur». Pour dépasser cet écueil, M. Ziani fera connaître que «l'allègement de e mécanisme fera l'objet d'une rencontre avec le ministre du Commerce, prévue début septembre prochain». Il est à rappeler que cette question a été abordée il y a de cela quelques jours par le ministre du Commerce El-Hachemi Djaaboub qui tout en martelant que le tarif est maintenu à 25 DA le sachet, a précisé que le collecteur Giplait prendra en charge l'indemnisation des producteurs en attendant la création de l'Office national interprofessionnel du lait (ONIL). 90 producteurs, a-t-il dit, ont été indemnisés durant les trois derniers mois et cela a coûté 4 milliards de DA à l'Etat. Cette subvention du gouvernement se fait actuellement sur plusieurs étapes, soit 7 DA le litre pour les producteurs, 3 DA pour les collecteurs et 15 DA pour les transformateurs. Concernant le retard accusé dans la subvention allouée à certains transformateurs contraints de fermer leurs usines, le ministre a répondu que la mesure d'indemnisation à hauteur de 15 DA le litre était «exceptionnelle» et a concerné les mois de mars, d'avril et de mai en attendant que l'ONIL prenne en charge après cette période, l'importation et la distribution de la poudre de lait à des prix subventionnés. Il a souligné que le retard dans la création de cet office a donné lieu à des dysfonctionnements dont le non paiement des indemnités de juin et juillet. Il a néanmoins tenu à rassurer que ce retard sera rattrapé par le versement des indemnités de juin et juillet aux parties concernées. L'indemnisation des producteurs industriels coûte au trésor le montant de 16 milliards de DA, à raison de 15 DA le litre. A rappeler enfin que l'Algérie consomme 3,5 milliards de litres de lait par an et ne produit que 2,2 milliards dont 250 millions seulement sont collectés.
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