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le romancier présent au 23e SILA: Boudjedra déçu par la condition de la femme



L'écrivain algérien Rachid Boudjedra était l'invité, dans l'après-midi d'hier, d'une rencontre littéraire au 23e salon international du livre d'Alger (SILA).Rachid Boudjedra, qui présente ses ouvrages au niveau de la maison d'édition Frantz-Fanon, est revenu, lors d'une rencontre littéraire tenue, hier, au 23e SILA sur son premier roman «La répudiée». Un livre qui a rencontré, à son époque, un franc succès auprès du public en Algérie et en France. «À la base, je voulais mettre comme personnage principal une mère, avant que ce ne soit l'épouse. La femme a beaucoup souffert dans notre société. Elle a subi beaucoup d'injustices sociales», a tenu à rappeler le romancier. «Mais de nos jours, la condition de la femme a nettement évolué. Après l'indépendance, dans plusieurs endroits en Algérie, d'aucune des filles n'étaient scolarisées, mais à présent de nos jours, elles sont d'ailleurs même plus nombreuses que les garçons. Aussi, elles réussissent davantage que leurs camarades garçons et ce dans différentes disciplines. Cela est une très bonne chose, mais quand on voit le nombre des femmes qui travaillent, on retrouve qu'il n'y a que 17% de femmes actives en Algérie. Cela n'est pas normal ! Dans les études, c'est elles qui réussissent le plus, mais elles ne trouvent pas de travail», dénonce l'auteur de «La répudiée». Rachid Boudjedra, qui se dit engagé dans la condition féminine, rappelle que dans son dernier roman, le personnage principal est une jeune fille algérienne émancipée, intellectuelle, qui pratique l'équitation.
«Je n'aime pas les héros»
Le vieux routier de la littérature algérienne dit ne pas aimer trop les héros. «Dans quasiment tous mes romans, les personnages principaux sont de simples citoyens, marginaux, seuls. Je suis contre le fait de trop glorifier les gens. Même nos héros de la révolution sont des gens simples, avec leurs qualités et leurs défauts. .. On m'a même proposé d'écrire le scénario du film ?l'Emir Abdelkader', mais j'ai refusé car, pour moi, il est inconcevable d'écrire sur une personnalité sans relever ses défauts et ses qualités, et bien sûr les qualités chez l'Emir Abdelkader sont plus nombreuses que les défauts», dit-il encore. Abordant la portée des ?uvres littéraires et artistiques, Boudjedra a affirmé qu' «une ?uvre littéraire, ou n'importe quel art aussi beau soit-il, ne peut pas faire une révolution. La révolution se fait d'elle-même». Evoquant ses relations avec les écrivains algériens, Boudjedra se dit avoir «beaucoup d'amis, mais aussi beaucoup d'auteurs que je n'aime pas lire. Ce qui est tout à fait normal, ordinaire. On ne peut pas aimer tout le monde. Je n'aime pas lire les écrivains médiocres, et c'est une chose naturelle», a-t-il avoué.
Un projet théâtral
L'auteur du pamphlet «Les brigands de l'histoire», paru en 2017 chez les éditions Frantz-Fanon est revenu sur la genèse de ce livre qui a provoqué une énorme polémique. «Depuis quelques années, je vois des romans, des films qui s'attaquent frontalement à l'Algérie, à son histoire et à sa société. Je n'ai jamais réagi, car je me disais que ce n'est pas mon rôle. Cela jusqu'au jour où j'ai vu, comme invité, avec tous les honneurs, la fille d'un harki tortionnaire, sur un plateau de l'ENTV pour dire que son grand-père très connu dans les Zibans pour ses manières de torturer les moudjahidine pour le présenter comme le roi des Zibans. Cela m'a énormément affecté. J'étais resté alité durant une quinzaine de jours à cause de ça. Le tout, sur cette télévision nationale qui ne m'a pas invité depuis 20 ans. Alors j'ai décidé d'écrire ce livre, et énumérer tous ces cas qui me révoltent», a-t-il raconté. Concernant ses nouveautés, en plus de son nouveau roman qu'il présente au SILA, Rachid Boudjedra annonce l'adaptation de son roman intitulé «Timimoune» en pièce de théâtre, par le théâtre régional de Sidi Bel Abbès, l'année prochaine.
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