
Saïd Bouterfa, chercheur, est longuement revenu, lors d'une conférence de presse animée à Alger, sur la fonction de l'écrit dans la civilisation musulmane et le rôle des biens wakfs et la transmission du savoir. M. Bouterfa a noté, d'emblée, que de tout temps, les bibliothèques et les archives ont eu pour mission la sauvegarde et la transmission du patrimoine documentaire. Mais la conservation, a-t-il précisé, n'est pas seulement le fait d'entreposer des masses de documents sans se soucier de leur devenir. « Conserver un patrimoine, c'est d'abord le maintenir intact et le protéger contre les inévitables menaces des actions de l'homme et de la nature, pour pouvoir le transmettre », a-t-il insisté. Le conférencier a en outre mis en exergue l'intérêt pédagogique et scientifique du manuscrit. A l'époque médiévale, a-t-il rappelé, le commerce caravanier transsaharien a permis aux oasis de Mauritanie, du Mali, du Maroc, de l'Algérie, du Niger et des autres pays d'Afrique de l'Ouest et au reste du monde islamique de vivre une grande prospérité économique et culturelle et un développement intense des échanges culturels et scientifiques. Le manuscrit est, pour le chercheur, un vecteur essentiel de la transmission du savoir qui a connu une diffusion et un essor considérables. Il a affirmé, par ailleurs, que la production et la reproduction des ouvrages importants durant la période du rayonnement de l'Islam s'entouraient d'un maximum de rigueur scientifique. Des attestations de lecture, de collationnement, des certificats d'audition et de transmission étaient une pratique incontournable. « Sur certains manuscrits, dans les marges et les espaces laissés en blanc, il est fréquent de rencontrer des inscriptions attestant du fait que le texte ou les textes contenus dans le manuscrit, ont été lus à haute voix ou récités, et que les auditeurs en ont bien retenu la vocalisation et le sens », a-t-il expliqué. Pour lui, ces inscriptions font état de différents modes de transmissions orale et écrite, que l'on traduit couramment par « licence », qui était l'autorisation accordée à un disciple ou à un auditeur, de transmettre le texte qu'il a reçu d'un maître. Il a estimé que si ce souci de transmission de ces héritages scientifiques, techniques, religieux, philosophiques et littéraires n'avait pas existé, jamais on aurait eu cet héritage. M. Bouterfa a estimé, en outre, que c'est cette volonté de diffuser et de transmettre qui a toujours hanté nos prédécesseurs pour conserver et transmettre ce legs. « La connaissance a connu son apothéose avec l'invention de l'écriture et les manuscrits, et ont contribué de façon importante à la diffusion du savoir », a-t-il ajouté, avant de conclure : « L'exploitation scientifique au profit de la recherche historique, des études arabes et islamiques, de ce patrimoine fondamental nous a fourni la preuve irréfutable d'une relation étroite interafricaine. »
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com